Incapacité de travail : le temps partiel médical progresse, "il existe souvent davantage de possibilités qu'on ne le pense"
Les personnes en incapacité de travail ont de plus en plus recours au temps partiel médical, a rapporté samedi L'Echo, sur la base de données récoltées auprès des mutuelles. Le dispositif mène dans un cas sur deux à une sortie complète de l'incapacité, a précisé le quotidien.
Entre 2019 et mai 2026, la proportion de nouvelles reprises à temps partiel est passée de 9 à 15% chez les personnes en incapacité depuis moins d'un an et de 18,4 à 26,2% chez celles en incapacité de longue durée, ont indiqué les Mutualités libres. Et la Mutualité chrétienne, Solidaris et l'Inami observent la même évolution positive.
Depuis le début de 2026, les entreprises de plus de 20 travailleurs doivent évaluer, au moyen d'un questionnaire standardisé, le potentiel de retour au travail des personnes en incapacité depuis au moins huit semaines, afin de faciliter la reprise. Le service de prévention Cohezio estime qu'un contact direct est toutefois plus efficace.
Sur 6.700 demandes traitées depuis mars, le questionnaire a identifié un potentiel retour dans 15% des cas, contre 46% après un entretien téléphonique. Parmi les dossiers considérés comme négatifs sur la base du questionnaire, 52% se sont finalement avérés positifs après l'entretien.
Malades de longue durée : le coût des burn-out et dépressions des travailleurs a atteint 2,7 milliards d'euros en 2024, un nouveau recordSelon Cohezio, la différence s'explique par la nature même de l'échange. "Alors que le questionnaire mesure essentiellement la perception qu'a le travailleur de sa situation actuelle, l'entretien permet d'aborder les possibilités concrètes d'un retour au travail et d'explorer différents scénarios de reprise. Dans de nombreux cas, le dialogue aide les travailleurs à envisager des perspectives qu'ils n'avaient pas identifiées eux-mêmes."
Pour Evelyne Kerger, médecin et directrice générale chez Cohezio, "ces résultats ne montrent pas que les travailleurs retournent tous au travail. Ils montrent qu'il existe souvent davantage de possibilités qu'on ne le pense lorsqu'on prend le temps d'échanger avec eux sur leur situation et leurs perspectives".
La concrétisation d'un retour durable au travail dépend ensuite de nombreux facteurs, souligne le service de prévention: l'état de santé du travailleur, son projet professionnel, la capacité de l'employeur à adapter un poste ou à proposer une autre fonction, ainsi que la collaboration entre les différents acteurs impliqués dans le processus. "Le service de prévention, le médecin traitant, l'employeur, la ligne hiérarchique et le travailleur lui-même ont chacun également un rôle déterminant à jouer", selon Cohezio.