Immigration. Malgré des rumeurs d'ouverture de la frontière, pas d'afflux de migrants à Ceuta
A la fin du mois de juillet environ 72 000 migrants sont arrivés en seulement quelques jours dans l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc. L'immense majorité étaient de jeunes Marocains qui avaient afflué après la diffusion de fausses rumeurs sur les réseaux sociaux concernant l'ouverture de la frontière.
Deux semaines plus tard, de nouveaux appels à émigrer illégalement ce samedi 15 août, « jour férié en Espagne », ont circulé sur les réseaux. Ce que les autorités espagnoles et marocaines ont démenti. Ces appels qui n'ont visiblement pas trouvé d'écho car samedi en fin de journée, aucun mouvement d'arrivée massif n'avait été détecté, selon RFI.
Plusieurs dizaines de migrants, pour la plupart des ressortissants d'Afrique subsaharienne, ont toutefois été interpellés samedi dans le nord du Maroc par les forces de sécurité locales à proximité du poste-frontière de Fnideq menant à l'enclave espagnole. Selon le média local Le360 citant une source sécuritaire, « 294 candidats à l'émigration irrégulière » ont été interpellés samedi matin, dont 248 migrants subsahariens et 46 Marocains.
« Il s'agit d'une opération de routine visant à prévenir les tentatives de migration irrégulière » en direction de Ceuta, a assuré sous couvert de l'anonymat un responsable informé des interventions en cours.
En Espagne et au Maroc, la sécurité renforcée
Selon le responsable qui n'a pas communiqué le nombre d'interpellations, ces arrestations s'inscrivent dans le cadre « du dispositif sécuritaire important déployé » pour éviter les départs. Le Maroc avait en effet annoncé avoir pris les devant pour empêcher les passages illégaux de la frontières. « Toutes les mesures nécessaires ont été prises pour intercepter toute personne cherchant à y participer », a déclaré mercredi Rachid El Khalfi, porte-parole du ministère marocain de l'Intérieur.
L'appel à franchir la frontière ce samedi 15 août semble ne pas avoir trouvé d'écho, contrairement au mois de juillet. Photo Sipa/Sven Kaeuler
Le gouvernement espagnol a lui aussi assuré avoir pris des mesures pour contrer un potentiel nouvel afflux de personnes à la frontière. Dès vendredi, des agents en civils ont interpellé des personnes jugées suspectes pour les interroger ou procéder à des procédures d'éloignement, selon RFI.
Des zodiacs patrouillaient également en mer - de nombreux migrants arrivés fin juillet étant venus dans l'enclave à la nage.
Fin juillet, près de 70 000 personnes avaient été renvoyées au Maroc immédiatement, selon les autorités espagnoles. Mais au moins 80 étaient mortes en tentant de rejoindre Ceuta, d'après le gouvernement de Madrid. Onze corps avaient aussi été récupérés sur le versant marocain.