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« Ils se croyaient intouchables » : plongée au cœur du système Akau Vegi-Wing, le clan familial poursuivi dans l’affaire des militaires disparus dans le Var

Héléna Vegi-Wing, la matriarche, aurait rapidement exercé des pressions sur le personnel. « J’ai reçu des menaces de mort, notamment par messages vocaux », affirme la patronne.

« Le jour où ils ont failli déclencher une bagarre sur la terrasse, je leur ai dit de ne plus revenir. Ils ne l’ont pas accepté. » Selon elle, cette décision marque le début d’une série d’intimidations. « Ils venaient se poster devant le bar pour nous impressionner. »

La commerçante assure avoir tenté d’alerter les autorités. « Quand je lis aujourd’hui que personne n’a rien fait, ça me révolte. Nous sommes allés au commissariat à la suite des menaces et intimidations. Mais notre plainte n’a pas été prise. »

Elle affirme aussi que l’une des filles du clan se disait « intouchable » et répétait « avoir des proches haut placés ». Des messages consultés par Var-Matin, datant de 2022, font notamment état d’une menace de « mettre le feu au bar ».

La gérante tient toutefois à rappeler qu’« il ne faut en aucun cas confondre cette famille avec l’ensemble de la communauté polynésienne ». Depuis de nombreuses années, le El Paso est un lieu de rassemblement convivial des habitants originaires des îles.

« On peut avoir jusqu’à 200 Polynésiens dans une soirée sans le moindre incident. Ce sont des personnes conviviales, avec une culture magnifique », insiste-t-elle.

Cadeaux, alcool, argent…

Selon son récit, la famille Akau Vegi-Wing faisait figure d’exception. La patronne décrit un mode opératoire reposant sur « l’intimidation » et raconte comment elle ciblait des personnes vulnérables : « Ils offraient des cadeaux, donnaient de l’argent. Ils attendaient que les clients soient ivres, puis la jeune fille, qui servait d’appât, abordait les jeunes militaires, leur offrait à boire. » Un mode opératoire corroboré par plusieurs témoignages.

La famille récemment mise en examen pour traite d’êtres humains habitait Fréjus avant de s’installer à Toulon.

Des images publiées sur les réseaux sociaux par Héléna (alias Malia) Vegi-Wing montrent ainsi la famille réunie sur le parking de la Tour Royale, à Toulon, entourée de jeunes originaires des îles. La jeune fille en question y apparaît avec un pack de bières dans les bras, déambulant entre les hommes.

Emma Akau Vegi-Wing déambulant sur le parking de la Tour Royale à Toulon.
Emma Akau Vegi-Wing déambulant sur le parking de la Tour Royale à Toulon.
Capture d’écran Facebook

« Je ne rentrais jamais seule à ma voiture »

Les conséquences ont été lourdes pour l’équipe. Une serveuse a quitté définitivement la région après des menaces répétées. Un autre salarié, qui affirme avoir été frappé par Héléna Vegi-Wing et ses deux fils à coups de club de golf, a reçu 18 jours d’ITT. « J’ai perdu deux de mes meilleurs employés ».

La patronne du bar-tabac explique avoir, elle aussi, changé ses habitudes avant l’incarcération de la famille. « Je ne rentrais jamais seule à ma voiture, j’avais peur des représailles. » Aujourd’hui, elle appelle toutes les victimes potentielles à se rapprocher de la justice : « Tous ceux qui ont déposé des mains courantes ou des plaintes devraient se constituer partie civile. »