« Ils étaient en civil, on ne savait pas » : deux frères condamnés pour avoir frappé des policiers devant un établissement de nuit à Six-Fours
Deux jeunes hommes ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour des violences commises contre des policiers en octobre dernier devant l’établissement nocturne l’Eden, à Six-Fours.
-
Copier le lien
-
Mail
-
X
-
Facebook
-
Linkedin
-
Whatsapp
L.G
Laura Gatti
Créé le 21 septembre 2026 • 08:30
Mis à jour le 21 septembre 2026 • 08:30
Frank Muller / Var-matin
« On ne savait pas que c’étaient des policiers », répètent les deux prévenus à la barre du tribunal correctionnel de Toulon, mercredi 16 septembre. Les deux frères, âgés d’une vingtaine d’années, comparaissent pour des violences commises à l’encontre de deux policiers de la Brigade anti-criminalité (Bac) en octobre 2025, devant l’établissement nocturne l’Eden, à Six-Fours.
Il est plus de deux heures du matin lorsqu’une « rixe » éclate entre plusieurs individus, pour reprendre les termes de la présidente Dalila Fedal. Des policiers de la Bac sont présents ce soir-là pour sécuriser la sortie de l’établissement, comme souvent, afin d’éviter les débordements. Et s’interposent pour tenter de canaliser les ardeurs des bagarreurs. « L’un d’eux essaye de vous calmer, vous étiez fortement alcoolisé. Quand il voit que vous voulez de vous en prendre à lui, il vous indique être policier, et vous demande de reculer », contextualise la juge. En dépit de cette mise en garde, le jeune homme lui assène un violent coup de poing au visage, lui ouvrant l’arcade sourcilière. Voyant la scène, son frère frappe à son tour le policier, et en blesse un second. Gifles, coups de poing… Les violences seront confirmées grâce aux caméras surveillance de la Ville.
« Ils étaient en civil, je pensais que mon frère se faisait agresser, je n’ai pas réfléchi », riposte le prévenu, mettant en avant son « excellente éducation familiale » : « J’ai des valeurs et des principes ». « Il a quand même fallu vous ceinturer pour procéder à votre interpellation tellement vous étiez déchaîné », lance le tribunal pour lui rafraîchir la mémoire. « C’est un mal entendu des deux côtés », rétorque-t-il.
« Quand on veut mentir, il faut savoir bien le faire »
Cinq jours après les faits, les frères déposent plainte, racontant avoir été victimes de « violences policières » dans le fourgon après leurs interpellations. À la barre, ils maintiennent cette version. « Ils nous ont étranglés, plaqué le visage contre la vitre, nous ont menacés en nous disant “Vous ne savez pas ce qu’on fait aux petits riches de Six-Fours comme vous’’ ».
Ce qui ne manque pas de faire bondir la procureure Stéphanie Battle. « Vous n’avez pas mentionné ces faits durant votre garde à vue. Vous avez même décliné l’examen médical proposé. Quand on veut mentir, il faut savoir bien le faire. » Aucune poursuite ne sera engagée concernant ces prétendus faits. Me Manon Demino, qui représente les agents absents à l’audience, déplore qu’« une fois de plus, des fonctionnaires de police sont agressés dans l’exercice de leurs fonctions. Les seules victimes dans ce dossier, ce sont eux. » En défense, Me Emily Linol Manzo axe sa plaidoirie autour de la naïveté de ses clients. « Ils le clament depuis le début : ils ne savaient pas qu’il s’agissait de la police car les agents n’étaient pas en uniforme. »
Le tribunal a condamné les deux jeunes hommes à six mois de prison avec sursis.
-
Copier le lien
-
Mail
-
X
-
Facebook
-
Linkedin
-
Whatsapp
Vous utilisez un AdBlock ?
Vous pouvez le désactiver pour soutenir la rédaction du groupe Nice-Matin qui travaille tous les jours pour vous délivrer une information de qualité et vous raconter l'actualité de la Côte d'Azur
Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.
Si vous souhaitez conserver votre Adblock vous pouvez regarder une seule publicité vidéo afin de débloquer l'accès au site lors de votre session