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"Il y a urgence absolue" : des avocats et des médecins à la rue risquent de tout perdre après l’incendie d’un immeuble qui menace de s’écrouler

Depuis l’incendie du 10 juillet dernier, un bâtiment des Arceaux à Montpellier est fermé pour risque d’effondrement. L’arrêté municipal d’évacuation, pour raisons de sécurité, laisse locataires et professionnels sans accès à leurs affaires.

"Locataires SDF : nous aurions besoin de récupérer rapidement nos affaires de travail". Sur la porte d’un bâtiment, rue du Carré-du-Roi aux Arceaux, une feuille indique le désespoir de certains locataires. Depuis la nuit du 10 juillet, où un incendie s’est déclenché dans un studio sous les combles, le bâtiment a été fermé par un arrêté municipal d’évacuation pour raisons de sécurité. Cabinets d’avocats, praticiens mais aussi locataires particuliers n’ont pas pu rentrer depuis la nuit de l’incendie. Sur la lourde porte de cet ancien couvent, des chaînes verrouillent l’accès aux étages.

"Il y a urgence absolue", soutient Marc Gallix. Cet avocat pénaliste n’a pas pu récupérer les dossiers de ses clients. Locataire, son cabinet est installé au premier étage depuis 2014. Des années de travail dans ce cabinet, où se trouvent des documents nécessaires au bon fonctionnement de la justice. "Ce jeudi, j’avais un procès pour homicide : j’ai dû plaider au tribunal avec des notes qu’une consœur m’a données", s’indigne le juriste montpelliérain.

Un risque d’effondrement important

Si la plupart des appartements n’ont pas été touchés directement par les flammes de l’incendie, il y a eu par la suite des dégâts des eaux. Les feux ont pu être maîtrisés rapidement par des lances à eaux, responsables par la suite de l’inondation de la vieille bâtisse. "Les sols menacent de s’effondrer", affirme la fille d’un couple de locataires évacués pendant la nuit de l’incendie. Sur le trottoir juste en face de la porte cadenassée, la jeune femme observe la toiture en espérant avoir de nouvelles informations. D’après l’expertise mandatée par la Ville de Montpellier et réalisée le lendemain de l’incendie, les risques d’écroulement de l’immeuble sont importants. "C’est pour la sécurité de tous, peu importe l’étage et le degré auquel l’appartement a été dégradé", ajoute-t-elle.

Néanmoins, certains professionnels comme François Bourgeois, un kinésithérapeute spécialisé dans le cancer du sein, affirme ne pas pouvoir patienter plus longtemps. "Selon la compagnie d’assurances qui est venue constater les dégâts, je ne pourrai pas réouvrir mon cabinet avant au moins novembre", s’inquiète-t-il, avant d’ajouter : "Dans mon malheur, j’ai eu la chance de trouver en urgence un cabinet libre quelques fois dans la semaine car ce sont les vacances."

Un coût important pour les professionnels

Pour le moment, le professionnel de santé doit sélectionner ses patientes en fonction de la gravité des cas. Sans locaux, il ne dispose pas de tout le matériel nécessaire : "Pour certaines patientes, je dois utiliser un appareil de massage mécanique, que je n’ai pas pu récupérer".

Pour les professionnels de l’immeuble, le coût de cet arrêt partiel ou parfois total de travail est conséquent. En deux semaines, Marc Gallix affirme avoir perdu facilement une quinzaine de dossiers. "Le préjudice n’est pas matériel mais professionnel, ça a forcément un impact sur le chiffre d’affaires." Un coût qui devrait être remboursé par les assurances dans les prochains mois. "La machine prend du temps à se mettre en route, mais les charges ne s’arrêtent pas en attendant", déplore l’avocat.

Du côté de la Ville, qui précise avoir fait réaliser à ses frais "ce qui n’est pas requis par la loi, une première expertise." Cette dernière a conclu que la stabilité de l’ouvrage était susceptible d’être compromise, qu’il y avait un risque immédiat pour la sécurité des personnes, et que l’immeuble présentait un niveau de danger élevé. L’expert recommandait également l’évacuation et l’interdiction d’accès à l’immeuble.

La Ville affirme que l’arrêté sera levé uniquement lorsque le syndic de copropriété engagera les travaux de sécurisation nécessaire. Il faudra ensuite qu’un expert certifie qu’il n’y a plus de danger pour les occupants. "Les procédures sont longues car l’assurance du syndic demande à un expert de rechercher les causes du sinistre", affirme la Ville.