"Il y a un impératif de tous travailler sur le climat" : les rencontres du littoral s’interrogent sur l’érosion et la biodiversité marine
Les deuxièmes rencontres du littoral se sont déroulées ce mardi 13 octobre au siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas.
"C’est important d’avoir ces lieux d’échanges et de discussion car nous sommes face à une double crise que l’espèce humaine n’a jamais vécu. La canicule n’est que le préambule du changement climatique à venir, il y a un l’impératif de tous de travailler sur le climat. Et puis il y a la crise de la biodiversité, avec 70 % de perte, aujourd’hui, il va falloir changer de civilisation", a synthétisé Sylvain Pioch pour défendre son concept de "nature positive".
Ce géographe et maître de conférences à l’université de Montpellier, était le grand témoin des deuxièmes rencontres du littoral, un événement porté par Midi Libre et Midi Events et qui s’est déroulé ce mardi 13 octobre au siège du journal ou près de 350 personnes ont répondu à l’appel.
L’idée : évoquer les thématiques d’actualité qui traversent le bord de la Méditerranée. L’érosion et la submersion marine, bien sûr, à l’heure où l’État décline localement ses stratégies de gestion intégrée du trait de côte et que les collectivités – la région Occitanie en première ligne, représentée par son premier vice-président Didier Codorniou – y font face, avec l’aide de toute une ingénierie déployée.
À l’instar, parmi tant d’exemples, de Line Up océan, qui, avec le concours de l’université de Montpellier, va déployer ces prochains une solution, en mer, pour casser l’énergie de la houle, avec des modules "en forme de boomerang et s’attaquer à l’énergie des vagues", indique le fondateur Robin Alauze.
Aires marines protégées, éolien, ports : le dynamisme du littoral
Mais les rencontres ont surtout montré le dynamisme de notre littoral. À trois niveaux. D’abord, dans la protection de la biodiversité à travers les aires marines protégées, que le gouvernement porte, la ministre de la Mer Catherine Chabaud, excusée mardi mais présente en vidéo, rappelant tout son engagement pour les encourager. L’historique réserve de Cerbère-Banyuls (Pyrénées-Orientales) est en cours d’agrandissement, celle d’Agde (Hérault) est sur le point d’obtenir le label national et à son échelle, Palavas défend une réserve plus modeste mais efficace. Ils sont unanimes : "l’effet réserve" fonctionne, les poissons y sont plus nombreux et plus gros, tout le monde y est gagnant, les pêcheurs comme les touristes.
Ensuite, l’incontournable révolution industrielle de l’éolien en mer a aussi montré qu’elle pouvait apporter des alternatives aux pêcheurs – via un éventuel tourisme industriel soutenu comme tous les emplois potentiels par la Région Occitanie – et là encore, s’accommoder du développement de la faune et de la flore, via les modules de la société Ecocéan. Enfin, les ports d’Occitanie se mettent à la page de l’innovation et de la préservation, là encore à l’aune du réchauffement climatique, ici pour moins consommer d’énergie, là pour décarboner ou pour végétaliser.
Aux rencontres entre porteurs de projets et donneurs de solutions B to B, se sont agrégés les stands partenaires (*) à l’instar de Iadys, venu pitcher sa solution. En dix ans d’existence, cette société de vingt personnes a déployé sa solution dans plus de 28 pays : le jellyfishbot, un drone aquatique flottant et autonome, concentré d’innovations, qui peut répondre au ramassage de déchets flottants, nettoyer les eaux de poussières de chantiers ou d’hydrocarbures…