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Il veut dépenser 82 milliards d'euros et réduire le déficit de 25 milliards: Jean-Luc Mélenchon dévoile son contre-budget pour 2027

Le candidat LFI à l'élection présidentielle a dévoilé le budget rectificatif qui serait appliqué l'année prochaine s'il accédait à l'Élysée. Il promet de ramener le déficit public à 5% du PIB en 2027 tout en stimulant la croissance.

Réduire le déficit public de 25 milliards d'euros sans effet récessif sur l'activité : c'est la promesse formulée ce mercredi par Jean-Luc Mélenchon lors de la présentation du contre-budget insoumis pour 2027. Ce budget "rectificatif" proposerait dans le détail "106,4 milliards" d'euros de recettes et "81,7 milliards" d'euros de dépenses, a annoncé Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée.

Il viendrait remplacer la version du budget de Sébastien Lecornu qui sera entérinée pour 2027 avant l'élection présidentielle et serait une réponse à la "culture dominante" du "néolibéralisme", a fait valoir Jean-Luc Mélenchon, accusant les présidents Macron, Hollande et Sarkozy d'avoir entraîné "l'appauvrissement méthodique et organisé de l'État". Le leader insoumis a notamment pointé les aides aux entreprises estimées par Bercy à 166 milliards d'euros en 2024 et qui seraient la cause principale du déficit d'environ 150 milliards :

"Les aides sont le déficit et le déficit est la dette, c’est cette stratégie que nous voulons renverser", a-t-il résumé.

"Relance écologique et sociale"

"Nous avons décidé que dans ce budget, il y aurait 25 milliards (...) attribués à la diminution de la dette", a ainsi annoncé Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes dans l'épure" d'un rapport d'économistes rendu à Bercy qui appelait à au moins "125 milliards d'euros" d'effort sur le prochain quinquennat, a-t-il fait valoir.

Côté dépenses, le candidat à l'élection présidentielle a décrit son projet comme une "démarche de rationalité, de relance écologique et sociale". Concrètement, les 81,7 milliards d'euros de dépenses nouvelles seraient répartis entre l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires (17 milliards d'euros), l'indexation de toutes les pensions et prestations sociales et l'augmentation des APL de 10% (8 milliards), un revenu garanti pour les jeunes en formation équivalent au seuil de pauvreté (9,5 milliards), la création de 10.000 postes dans l'éducation nationale (500 millions d'euros), la gratuité des cantines scolaires (3,6 milliards d'euros) ou encore la création de 250.000 postes à l'université (3,5 milliards).

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Le programme insoumis promet également un plan d'urgence pour l'hôpital avec la création de 10.000 postes (3 milliards), un plan pour en finir avec le sans-abrisme (3 milliards) ainsi que le rétablissement à leur niveau de 2017 et l'indexation sur l'inflation des budgets ministériels qui ont été diminués ces dernières années pour un coût de 7 milliards d'euros. 10 milliards d'euros seront aussi consacrés pour renforcer les moyens de lutte contre le dérèglement climatique et ses conséquences.

L'abrogation de la réforme des retraites de 2023 impliquant le retour de l'âge de départ à 62 ans dans un premier temps coûterait pour sa part 9 milliards d'euros, tandis que l'annulation des précédentes réformes ayant réduit l'indemnisation des chômeurs coûterait 3 milliards d'euros.

Aller "chercher l'argent improductif"

En face, 107 milliards d'euros de recettes nouvelles sont donc attendus en allant "chercher l'argent improductif", a indiqué Éric Coquerel. "Il est nécessaire de mettre à contribution le capital financier parce que c'est lui qui a profité, à plein, tout le temps, sous toutes les formes" de la politique d'Emmanuel Macron, a également déclaré Jean-Luc Mélenchon. Et "c'est le seul qui n'a pas d'effet récessif quand on le tond".

Parmi les principales mesures évoquées figure ainsi un ISF renforcé pour en faire un ISF climatique (10 milliards d'euros de recettes), la suppression de la flat tax (9 milliards), l'instauration de la taxe Zucman sur les centimillionnaires (15 milliards), la création d'une taxe sur les héritages (20 milliards), ainsi que le rabotage de niches fiscales (Crédit impôt recherche, pacte Dutreil...) pour 22 milliards.

Les rachats d'actions et les transactions financières seraient aussi taxés (respectivement 2,5 et 5 milliards d'euros attendus), tout comme les cryptomonnaies (1 milliard). L'impôt sur les sociétés serait lui réformé pour le rendre plus progressif alors que "le taux implicite d'imposition des sociétés est seulement de 14,7% pour les grandes entreprises", selon Éric Coquerel, qui espère récolter 3 milliards d'euros de cette mesure. La part de la CVAE supprimée par le passé serait également rétablie, tandis que la taxe Gafam serait portée à 15% et qu'une taxe sur les superprofits entrerait en vigueur.

Au final, ce plan permettrait de ramener le déficit public à 5% du PIB fin 2027, comme ce que prévoit le gouvernement actuel. Mais Éric Coquerel a assuré que, contrairement au projet de budget de l'exécutif, celui de la France insoumise n'est pas récessif car "nous injectons plus de 80 milliards d’euros dans les carnets de commandes, dans l’économie, dans le pouvoir d’achat".

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