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"Il s’est mis à me crier : je vais te tuer, je vais t’égorger en faisant le geste" : un élève de 8 ans agresse violemment son enseignante et n'est pas sanctionné

l'essentiel À Évry-Courcouronnes, des enseignants ont cessé le travail après l'agression d'une collègue par un élève de 8 ans. L'incident, survenu en récréation, a entraîné sept jours d’incapacité totale de travail pour l'enseignante. L'académie de Versailles a renforcé son soutien, mais le manque de sanctions suscite l'indignation.

"École en colère". Ce mardi 23 septembre, le message affiché devant le groupe scolaire Jacques-Tati, à Évry-Courcouronnes (Essonne), résume le sentiment des enseignants. Plusieurs d’entre eux ont cessé le travail après l’agression d'une de leurs collègues, violemment frappée par un élève de 8 ans le 11 septembre dernier.

Selon le récit de nos confrères du Parisien, la scène s’est déroulée pendant la récréation alors que l'enseignante était intervenue auprès d'un enfant qui s’en prenait à une élève. Le garçon s’est retourné contre elle et l'aurait menacée de mort avant de la faire tomber au sol et de lui porter plusieurs coups de poing, de genou et d’épaule. "Il s’est mis à me crier dessus : je vais te tuer, je vais t’égorger en faisant le geste", a raconté l'enseignante. "Tous les gamins l’ont vu faire".

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Les blessures de l'enseignante ont entraîné sept jours d’incapacité totale de travail. Elle a repris sa classe lundi 21 septembre, malgré les appréhensions. "Je l’ai fait pour ne pas pénaliser mes élèves", témoigne-t-elle, tout en regrettant l’absence de sanction après les faits. "Les parents ont été convoqués, mais il n’y a eu aucune sanction, ne digère pas l’enseignante. Ça veut dire quoi ? Que taper une prof, c’est OK ? Un tel geste ne peut pas rester impuni". Selon plusieurs enseignants, cet épisode ne serait pas isolé. Une collègue a affirmé avoir déjà été victime de violences et de menaces de la part du même enfant. Derrière la colère, le corps enseignant met surtout en avant le manque de moyens pour accompagner certains élèves en grande difficulté. Le groupe scolaire est classé en Réseau d’éducation prioritaire (REP).

"On ne peut pas laisser des profs se faire taper dessus"

L’académie de Versailles a indiqué avoir renforcé son accompagnement. Une conseillère pédagogique et une psychologue sont intervenues auprès de l’équipe enseignante. Une équipe éducative a également été réunie pour adapter la scolarité de l’enfant et des recrutements d’AESH sont en cours, avec une priorité donnée à l’établissement.

Pour l'enseignante agressée, une réponse doit désormais être apportée : elle assure que l’enfant avait créé un lien particulier avec elle, malgré ces violences. "Il dit que je suis sa maîtresse préférée". Mais après cette agression, elle estime que "l’on ne peut pas laisser des profs se faire taper dessus".