"Il n'y a pas eu d'argent public jeté en l'air" : comment un village du Gers a vu son ancienne mairie transformée en gendarmerie
l'essentiel Prévue dans le cadre gouvernemental des "239 nouvelles brigades de gendarmerie", la brigade de Nougaroulet a vu le jour dans les locaux de l'ancienne mairie et accueillera ses premiers gendarmes à la rentrée. Une bonne nouvelle pour le maire de la commune, qui se félicite
Vendeur-réparateur dans un magasin de musique à Auch, Louis s'est installé il y a quelques mois à Nougaroulet "pour la tranquillité". Le jeune Gersois devra se faire une raison : celle-ci risque d'être quelque peu altérée à la rentrée. Sa maison est située juste en face de la nouvelle brigade de gendarmerie de la commune, installée provisoirement dans les locaux de l'ancienne mairie.
Si Louis ne s'attend pas à un "brouhaha" incessant à l'arrivée en septembre des quatre nouveaux gendarmes, qui seront rejoints par quatre sous-officiers en fin d'année et deux autres en début d'année prochaine, portant à dix l'effectif complet de la brigade, Louis ne se dit pas non plus forcément rassuré par leur future présence. "Nougaroulet, je pense que c'est assez tranquille. Je n'étais pas en insécurité en m'installant ici", témoigne-t-il.
"C'est quelque chose d'historique"
Ce sentiment d'insécurité, de nombreux Gersois le ressentent pourtant ces dernières années, notamment en raison de l'augmentation des cambriolages. Dans ce contexte, l'ouverture d'une nouvelle brigade de gendarmerie est accueillie favorablement, comme le confirme le colonel Philippe de Laforcade, à la tête du groupement de gendarmerie du Gers. "C'est quelque chose d'historique, se félicite-t-il. C’est une première depuis quelques décennies. Par le passé, on restait plutôt sur des suppressions de brigades, à Miradoux, Bassoues et Castéra-Verduzan. On est très heureux de pouvoir créer un point d’appui supplémentaire au bénéfice de la sécurité des Gersois et des Gersoises."
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Il aura donc fallu trois ans pour voir ce projet concrétisé. Pour rappel, la création d'une nouvelle brigade dans le Gers avait été annoncée en 2023 dans le cadre du programme gouvernemental des "239 nouvelles brigades" et confirmé en septembre dernier par le député Jean-René Cazeneuve, après réception d'un courrier du ministère de l'Intérieur lui garantissant la création de cette unité "dans le courant de l’année 2026."
Restait à trouver un lieu provisoire à cette brigade avant la construction d'un bâtiment dédié, dont la livraison pourrait être envisagée dans un délai allant de trois à cinq ans, selon la gendarmerie du Gers. Le maire Pierre-Yves Arnaud et ses proches adjoints ont eu la riche idée de proposer les locaux de l'ancienne mairie. Entamés en janvier 2025, les travaux ont duré huit mois, pour un résultat à la hauteur des attentes. "D’un projet, on en a fait trois : c’est une mairie qu’on utilisait à 20 % qui est devenue une gendarmerie provisoire, et qui dans le futur redeviendra une mairie et certainement un appartement", souligne l'édile.
"On a travaillé en parfaite intelligence avec la mairie"
Pierre-Yves Arnaud se félicite par ailleurs du coût maîtrisé du chantier, chiffré selon lui à 350 000 euros et subventionné à hauteur de 80 %, mais aussi de la bonne entente avec les services de l'État et la gendarmerie nationale. "L'argent public a été bien utilisé et a servi à structurer la collectivité. Il n’y a pas eu d’argent public jeté en l’air, tout est sur pied. Ceux qui n’y croyaient plus ou qui y croyaient sans y croire vont voir que ça a fonctionné", sourit-il.
Ce n'est pas le colonel Philippe de Laforcade qui viendra le contredire : "On a travaillé en parfaite intelligence avec la mairie. Ces locaux répondent à toutes les normes d’une brigade de gendarmerie. Ce n’est pas du bricolage, c’est une vraie brigade transitoire en attendant la construction en dur d’une unité de gendarmerie qui s’inscrira dans le temps long, avec des logements pour dix sous-officiers et leurs familles à terme."
Au total, treize communes* sont placées sous la protection de cette nouvelle brigade, intégrée dans la communauté de brigades Auch-Nougaroulet, qui s'étend désormais sur trente communes. Son ouverture partielle est prévue autour du 15 septembre.