taraskuzio.com

Il a étranglé son père et sa sœur pour de la drogue, sa famille ne veut pas qu’il aille en prison: “Ça ne fait qu’empirer”

“Après sa première sortie de prison, notre pire crainte s’est réalisée.” Sven, 37 ans, et Delphine, 32 ans, originaires d’Ingelmunster en Flandre-Occidentale, ont appris plus tôt cette semaine que leur (beau-)frère avait été condamné à 10 mois de prison après avoir frappé, poussé, roué de coups et même tenté d’étrangler son père et sa sœur. Ils se réjouissent pourtant d’apprendre qu’il ne devra pas purger cette peine s’il respecte quatre ans de conditions et suit un accompagnement pour ses problèmes de drogue. Car d’après leur récit, son précédent séjour en prison n’a fait qu’empirer les choses.

Lieven Samyn, Martin Ducrotois

Source: Het Laatste Nieuws

29 juillet 2026, 13:13Dernière mise à jour: 13:21

Ajoutez-nous à vos favoris Google

“C’était — et c’est toujours — un brave garçon, au grand cœur, et un couvreur d’exception”, racontent Sven et Delphine en se remémorant la période d’il y a environ quatre ans. “C’est là que sa petite amie, sous l’emprise de la drogue, a provoqué un accident mortel. Jonathan n’a jamais réussi à surmonter ça. Il a commencé à consommer de la cocaïne, d’abord le week-end. Il continuait à fonctionner à peu près normalement, jusqu’à ce qu’il perde son travail.”

Ensuite, la descente aux enfers a été rapide. “Sa consommation a entraîné de nombreux séjours en institution et deux internements sous contrainte, mais le juge de paix l’autorisait à chaque fois à sortir au bout de 40 jours seulement”, poursuit le couple. “Nous suppliions de prolonger cette période, en vain. Ce n’était jamais suffisant pour réussir un sevrage, alors les problèmes s’accumulaient. L’aide aux toxicomanes était défaillante. Nous étions dos au mur.”

La prison

Au printemps, son besoin viscéral de trouver de l’argent pour sa dose a poussé son père à porter plainte : Jonathan ne cessait de terroriser son père et sa sœur pour leur soutirer de l’argent. Le 9 mai 2026, Jonathan s’est de nouveau acharné sur eux pendant des heures: bousculades, coups de pied et coups de poing. Sa sœur a elle aussi pris des coups. “Il a menacé de mettre le feu au canapé et a maintenu sa sœur par le cou dans une prise d’étranglement”, a détaillé le procureur devant le tribunal.

“Jonathan demandait vraiment de l’aide à ce moment-là. Il a compris qu’il devait s’en sortir par lui-même et ne plus se reposer sur les autres. Mais il n’avait nulle part où aller.”

Sven et Delphine

Jonathan a fini en cellule. “Ce n’était pas vraiment le but de notre plainte”, explique Delphine. “Nous voulions qu’il soit pris en charge. La prison n’est vraiment pas un endroit pour les toxicomanes. Jonathan racontait lui-même qu’on y trouve de la drogue plus vite et moins cher qu’à l’extérieur. Il en est ressorti dans un pire état qu’en y entrant. On l’a laissé sortir sous prétexte qu’il avait un domicile fixe chez ma demi-sœur à Gand. Elle était sous contrôle judiciaire, son compagnon portait un bracelet électronique... Tout cela n’a presque pas été vérifié.”

“Notre pire crainte s’est concrétisée. Nous pensions que la situation allait encore empirer, et c’est exactement ce qui s’est passé. Une nuit, Jonathan m’a appelée. Il s’était fait tabasser et jeter dans les escaliers dans ce squat de drogués à Gand. Résultat: trois côtes cassées et un risque de pneumothorax.”

L’espoir

Cet épisode a pourtant provoqué ce qui ressemble à un déclic. “Jonathan demandait vraiment de l’aide à ce moment-là. Il a compris qu’il devait s’en sortir par lui-même et ne plus se reposer sur les autres. Mais il n’avait nulle part où aller. À l’hôpital, on l’a mis dehors après une seule nuit; les centres de désintoxication ne voulaient pas de lui, les autres hôpitaux non plus. Nous n’avions pas le droit de l’héberger en raison d’une interdiction de contact. Il dormait littéralement sous le pont, près de De Fagot. Nous ne dormions que d’un œil.”

“Jonathan avait le sentiment d’être rejeté par la société. Ce sont des situations dramatiques qui montrent bien qu’il y a encore énormément de travail à faire en Belgique concernant la prise en charge de la toxicomanie”, poursuit le couple. “C’est pour cela que nous témoignons. Il a fallu qu’un drame frôle d’arriver pour que les choses bougent. Même le médecin de famille a écrit d’innombrables lettres, sans résultat. Aujourd’hui, il séjourne volontairement dans un hôpital psychiatrique pour se sevrer. Nous espérions que le juge ordonnerait la prolongation de son hospitalisation. Cela n’a pas été le cas, mais ces conditions, avec la peine de prison comme épée de Damoclès, aideront peut-être aussi.”

Ils en gardent malgré tout un sentiment mitigé. “Et si cela ne suffisait pas? Si c’était trop laxiste? Un toxicomane doit être complètement sevré avant de pouvoir être réintégré dans la société. Heureusement, grâce au CPAS d’Ingelmunster, nous avons pour la première fois le sentiment d’être épaulés pour des démarches très pratiques. Il ne reste plus qu’à espérer qu’avec ce jugement en main, Jonathan parvienne à garder le cap de la sobriété.”

LIRE AUSSI

Aussi dans l'actualité