Huit mois de travaux plus tard, comment les archives municipales d’Antibes protègent leurs trésors du temps
Aux archives municipales, à Antibes, il ferait presque plus frais que d’habitude. Au thermostat, 21 degrés, température idéale pour les trésors soigneusement rangés et classés sur les étagères métalliques.
Dans la salle de lecture, presque rien n’a changé. Et pourtant, pendant huit mois, des travaux ont été nécessaires à transformer les lieux afin d’optimiser la conservation des précieux fonds historiques stockés dans ce lieu, dont l’ancien système datait d’une vingtaine d’années.
Ces nouveaux équipements permettent notamment de « conserver une température contrôlée et d’éviter les écarts thermiques avec les magasins d’archives, ce qui pourrait provoquer un choc et le développement de moisissures lorsque l’on déplace les documents », développe le responsable des archives municipales, Jérôme Rouzaire.
Température, humidité et poussière
Dès le mois d’octobre, les équipes ont d’abord effectué une phase préparatoire divisée entre l’adaptation de certains espaces − certains rayonnages retirés temporairement par exemple −, ou encore le repérage de l’ancien système de refroidissement essentiel à un bâtiment d’archives. « La difficulté, c’était de comprendre quel était l’existant et où passaient les anciennes installations pour prévoir les nouvelles. »
sébastien Botella / Nice-matin
Des rénovations accompagnées de trois priorités clés bien précises, face à un système dorénavant inadapté aux enjeux « de consommation énergétique ou de qualité ».
D’abord la régulation de la température, essentielle, mais aussi celle de l’humidité. « Nous visons un taux stable situé entre 45 et 55 %. Si c’est trop humide, le papier s’affaiblit et l’encre se dégrade ; si l’air est trop sec, le papier devient cassant et risque de se déchirer. »
Dernier point de prudence : la poussière, favorisé par un manque de circulation de l’air dans une pièce. Il a donc été nécessaire de favoriser le brassage de l’air, « malgré les rayonnages mobiles », où les nouveaux équipements sont notamment munis de filtres « pour empêcher les polluants extérieurs de rentrer ».
Une exposition de photographies pour retracer les travaux
sébastien Botella / Nice-matin
Ces travaux d’envergure ne se sont pas limités au bâtiment. L’organisation des archives municipales a également été repensée, avec notamment la mise en place d’un système de prise de rendez-vous pour les consultations sur place, mais aussi le déplacement temporaire de certaines archives… Et même de leurs archivistes, parfois exceptionnellement hors de leurs bureaux.
Pour dévoiler les coulisses de ce chantier invisible pour le public, une exposition de photographies et d’objets retrace les différentes étapes des travaux.
Elle met également en lumière la dizaine d’entreprises et de corps de métier mobilisés, parfois très spécialisés.
Visible jusqu’au 10 septembre 2026, cette exposition laissera ensuite place à un autre usage : les panneaux explicatifs seront réemployés lors des Journées européennes du patrimoine et à l’occasion de visites pédagogiques, afin de faire découvrir au public le fonctionnement d’un bâtiment d’archives.