«Honorer l’histoire du Canada, c’est la regarder en face dans toute…
Le premier ministre Mark Carney est venu mercredi dans la capitale de l’Alberta pour rencontrer des dirigeants de Premières Nations et des familles, et rendre hommage aux enfants disparus et à ceux qui ont subi des sévices dans les pensionnats du Canada.
M. Carney a rappelé, dans un discours prononcé mercredi matin au parc du Fort Edmonton, situé près du centre-ville, que cette journée était consacrée à la vérité dans son entièreté.
« Honorer l’histoire du Canada, c’est la regarder en face dans toute sa vérité, sa beauté et ses pertes, sa force et les torts causés », a déclaré le premier ministre.
Mercredi marquait la sixième édition de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette journée est un sombre hommage aux 150 000 enfants autochtones qui ont souffert de malnutrition et de maltraitance pendant des décennies au sein du système des pensionnats pour enfants autochtones du Canada.
En 2015, la Commission de vérité et de réconciliation a conclu que ces pensionnats jouaient un rôle central dans une politique de génocide culturel soutenue par l’État.
À Edmonton, des dizaines de personnes se sont rassemblées au parc du Fort Edmonton, des t-shirts orange vif, symbole des enfants ayant fréquenté les pensionnats, parsemant la foule. Beaucoup mangeaient du bannock et sirotaient des boissons chaudes en cette fraîche matinée d’automne.
M. Carney, né dans les Territoires du Nord-Ouest et ayant grandi à Edmonton, a évoqué dans son discours ses nombreuses visites au parc du Fort Edmonton durant sa jeunesse.
Avant son discours, il a fait son entrée sur le lieu de la cérémonie encadré par les chefs du Traité n° 6, qui défilaient au rythme des tambours, vêtus de leurs habits traditionnels. La lieutenante-gouverneure de l’Alberta, Salma Lakhani, a également pris la parole, et le chef du Parti conservateur fédéral, Pierre Poilievre, était également présent.
M. Carney a déclaré que la cérémonie invitait chacun à écouter les témoignages des personnes touchées par le système des pensionnats et à réfléchir à un chapitre sombre du passé du Canada et à s’engager à aller de l’avant ensemble.
« Les nations qui étaient ici bien avant la naissance de notre pays du Canada et les politiques adoptées pour les faire disparaître. Il y a cette haute vérité. Ces nations sont toujours bien vivantes. Leurs langues, leurs cérémonies, leurs enseignements nous accompagnent ce matin », a-t-il dit, alors qu’il portait une cravate orange et, à la boutonnière, une épinglette représentant un t-shirt orange orné de perles.
Le premier ministre a soutenu que la réconciliation est un parcours, pas une destination, et que le travail des Canadiens consistait à avancer ensemble aussi loin et aussi vite que possible sur ce chemin.
Le grand chef du Traité n° 6, George Arcand Jr., a souligné que la guérison revêtait une importance particulière.
« Il ne peut y avoir de réconciliation sans vérité — une vérité dont les Premières Nations savent trop bien qu’elle peut être difficile à accepter et que l’on voit rejetée, remplacée par des opinions et de la désinformation », a-t-il déclaré à la foule.
« Les mensonges sur le passé du Canada font directement obstacle à la guérison de nos relations et à une avancée positive. »
Andrea Sandmaier, présidente du gouvernement métis d’Otipemisiwak, a rappelé que la vérité et la réconciliation ne se limitaient pas à une seule journée de l’année.
« Malgré les progrès accomplis, il y a encore des gens partout au Canada, au sein même de nos communautés, qui refusent d’entendre ces vérités, qui nient l’indéniable », a-t-elle dit.
« Ce n’est pas une nouveauté pour les peuples autochtones. C’est quelque chose que nous subissons depuis des générations. »
Mme Sandmaier a exhorté les non-Autochtones qui sont témoins, en personne ou en ligne, de négationnisme concernant les pensionnats à « dénoncer ces propos ».
« Ne laissez pas la désinformation et le racisme se propager sans contrôle au sein de nos communautés. »