Hongrie: un texte adopté pour écarter le président pro-Orbán
Le parlement hongrois a adopté lundi un amendement constitutionnel visant notamment à mettre fin au mandat du président Tamás Sulyok, qualifié de “marionnette” de Viktor Orbán par le Premier ministre Péter Magyar, qui s’est félicité d’avoir ainsi “achevé la réforme constitutionnelle du régime Orbán”.
Kevin Dupont
Source: Belga, AFP, Euractiv
13 juillet 2026, 19:27Dernière mise à jour: 19:28
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Un amendement constitutionnel en 12 points a été adopté par 139 voix pour et 6 contre au Parlement hongrois, lors d’un vote boycotté par le parti nationaliste Fidesz de l’ex-Premier ministre ultraconservateur Viktor Orbán, qui dénonce une tentative d’instaurer “un régime autocratique”.
Le Premier ministre Péter Magyar, dirigeant conservateur pro-européen, qui a remporté les élections législatives d’avril avec une majorité écrasante, a promis de démanteler “brique par brique” le système mis en place par son prédécesseur, champion de l’idéologie illibérale. À commencer par le président qu’il a invité à démissionner à plusieurs reprises, sans succès.
Un délai de cinq jours
Tous les regards sont désormais tournés vers le président Sulyok, qui s’il choisit de retarder son départ en refusant de signer l’amendement voté pourrait déclencher une crise constitutionnelle. “Il a maintenant cinq jours pour soit démissionner dans le délai fixé, soit signer cet amendement à la Loi fondamentale”, a déclaré M. Magyar, qui a promis d’engager une procédure de destitution s’il ne le faisait pas.
L’amendement prévoit la fin du mandat de Tamás Sulyok dès le lendemain de son entrée en vigueur, puis l’élection d’un nouveau président pour une durée de cinq ans par le parlement, où le parti Tisza de Peter Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges.
Deux tiers des Hongrois veulent le départ du président
Avant le vote, M. Sulyok, 70 ans, a dénoncé une procédure qui “viole les principes d’État de droit, de démocratie et de séparation des pouvoirs”. Selon un sondage réalisé en mai par le centre d’études “21”, 67% des électeurs hongrois souhaitent le départ de Tamás Sulyok.
Le vote de cet amendement intervient alors que mardi dernier, la principale chaîne de télévision publique M1 a temporairement cessé d’émettre. À la place était affiché un message faisant référence au fait que les médias publics étaient auparavant mis au service de la propagande de Viktor Orbán: “Les médias de service public ne doivent pas mentir. Nous vous présentons nos excuses pour avoir fait exactement cela pendant de nombreuses années. Les médias de service public font actuellement l’objet d’une réforme afin qu’à l’avenir, ils soient indépendants et dignes de confiance. La diffusion des informations est temporairement suspendue. Restez avec nous”.