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Historien, écrivain, propriétaire du château de Gironde en Aveyron, fondateur d'un prix littéraire, Jean-Paul Desprat est décédé à l'âge de 79 ans

l'essentiel Jean-Paul Desprat, homme de culture, romancier, écrivain et propriétaire du château de Gironde, s'est éteint en ce lundi 21 septembre 2026 à la suite d'une maladie foudroyante.

Jean-Paul Desprat est décédé à Paris, lundi 21 septembre, entouré des siens, suite à une maladie foudroyante.

Figure marquante de notre territoire, historien, romancier, passionné par les arts, le patrimoine et le cinéma, il laisse un grand vide. Jean-Paul était né en 1947, d’un père d’origine auvergnate, Vic-sur-Cère (Cantal), et d’une mère rouergate, de Flagnac. Son trisaïeul, Jean-Baptiste Desprat, fonda l’auberge de Port d’Agrès, vers 1875, qui deviendra l’hôtel-restaurant du Pont.

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Jean-Paul Desprat grandit à Paris avec ses sœurs. Il suivit ses études secondaires au lycée Jacques-Decour. Titulaire d’un doctorat d’État en droit (Paris II) et d’une licence d’histoire (Paris IV), il occupa ensuite un poste de cadre à Saint-Gobain.
Au cours des années 1980 et 1990, il entreprit de nombreux déplacements entre Lyon et Cologne (Allemagne), trouvant là le temps d’écrire ses premiers romans dans le train ou à l’hôtel ("Le secret des Bourbons", "Au nom de la Pompadour"…).

Romancier et historien

Mais Jean-Paul Desprat garda toujours des liens étroits avec le Bassin decazevillois et la vallée du Lot, d’autant plus que ses parents firent l’acquisition du château de Gironde, sur les hauteurs de Port d’Agrès, en 1969.

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Puis, il hérita du site qui comprend aussi une élégante chapelle comme si Clio, la muse de l’Histoire, lui faisait un clin d’œil. Il tenait à préciser : "être châtelain fait penser à la noblesse. Ce n’est évidemment pas mon cas, avec nos familles de paysans et d’hôteliers dont je descends. Nous avons essayé de nous rendre dignes de ce domaine, en l’adaptant aux contraintes de notre époque qui est heureusement républicaine, tout en prolongeant son histoire sans la trahir".

Il publia ses premières biographies historiques, portant sur le XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ("Henri IV", "Mirabeau", "Le cardinal de Bernis"…), écrivant aussi des beaux livres, des travaux littéraires et des documents sur le Rouergue. Une fois à la retraite, plume à la main, on le retrouve pour d’autres études historiques pointues ("Une histoire des Girondins", "Danton"…).

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Au total une trentaine d’ouvrages publiés. De plus, il prit part à la production d’émissions radiophoniques.

Et on le voyait de temps à autre participer à des documentaires historiques à la télévision. À Paris, grand amoureux d’art, Jean-Paul aimait butiner d’expos en expos et fréquenter les salles de cinéma. Il était encore membre de plusieurs jurys littéraires.

Prix du Pays noir

Lors de ses séjours réguliers à Gironde, site qu’il appréciait pour se ressourcer, il se pencha sur le patrimoine et notre double héritage mineur/paysan. Devenu ami avec Michel Herranz, il aida notamment à la rénovation du mausolée Cabrol, via l’Association de sauvegarde du patrimoine industriel du Bassin de Decazeville (ASPIBD).

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On lui doit aussi la création du prix littéraire du Pays noir qui, depuis 2014, récompense les auteurs locaux. Au début de l’année, il avait souhaité donner un second souffle à ce prix, en impliquant Laetitia Bex-Cantos et Alain Layrac.
En août dernier, Jean-Paul Desprat avait accueilli sur le parc du château le prix artistique et l’exposition "Gironde mon amour". Il offrit aussi à la population un magnifique concert de musique classique. En 2021, il nous avait glissé : "Ce sera bientôt à la génération suivante – mes deux enfants et mes deux neveux – de continuer à faire vivre subtilement la vieille forteresse qui domine le Lot". Il avait d’autres livres et idées en projet ; la maladie ne lui a pas laissé le temps de les concrétiser…

La Dépêche du Midi, en ces moments difficiles, adresse ses sincères condoléances à la famille de Jean-Paul Desprat et à ses proches.