Les tendances mode des années 70 : le disco, l'avénement du punk et les jeans de créateurs
Mode
Tour d'horizon des tendances mode des années 70.
5 août 2026
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Les années 70 ont consacré la femme avec un grand F. Plus que jamais, la mode met en valeur sa silhouette : les vêtements sont souples et moulants, les looks ne nécessitent pas ou peu de structure de la part de sous-vêtements. Bref, la femme est libérée, dans sa vie, dans ses mouvements… et elle porte enfin des pantalons ! Des pantalons, mais aussi des bas de costumes et des jeans de créateur.
Audacieuse, la mode des années 1970 est aussi légère, voire joyeuse. Les matières métalliques qui scintillent, règnent mais de manière subtile, via le Lurex par exemple. Les tons sont cuivrés et doux. La couleur, par ailleurs, est omniprésente mais penche vers des teintes douces - elles ne sont pas encore tout à fait néon comme dans les 80's !
Les 70's donc, ce sont des vêtements faciles à enfiler, notamment pour le disco. Dans le numéro de janvier 1970 de Vogue US, un article annonce l'ère des “châles, capes, ponchos - tout ce qui peut être enroulé, sanglé ou roulé autour du corps”.
Une étape importante est par ailleurs franchie en 1974. Pour le numéro d'août 1974, Beverly Johnson entre dans l'histoire en devenant la première femme noire à faire la couverture de Vogue.
Tour d'horizon des tendances qui ont marqué les années 70.
Les tendances pour femmes qui ont marqué les années 70

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Par Julia Hobbs
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Nouveau romantisme : les créateurs se mettent à rêver
Au début de la décennie, la mode hippie est encore très influente. Si certains adoptent encore l'esprit folklorique du mouvement et arborent des pièces de récupération, d'autres optent pour une mode plus sophistiquée, plus proche de l'idylle de la prairie que des utopies de Woodstock. Ce look, moins provocateur et plus romantique, est défendu par des créateurs et des marques basés à Londres comme Zandra Rhodes, Ossie Clark et Laura Ashley, ainsi que par Gunne Sax, basée à San Francisco et dirigée par Jessica McClintock, et par Giorgio di Sant' Angelo, basé à New York.
Pour marquer le coup, le numéro du 1er janvier 1970 de Vogue US invite ses lecteurs à adopter une attitude sensuelle et libre, et à se doter de “toutes ces créations qui tombent langoureusement - et avec beaucoup, beaucoup de longues franges pour encore plus de longueur… Tout ce qui vous fait rêver”. Dans l'article, on retrouve une image de la star Natalie Wood. Elle porte deux looks de Zandra Rhodes décrits comme “des mètres et des mètres de fantaisie pure - des créations qui évoquent le monde des contes de fées russes et des pantomimes des livres d'histoires anglaises”.
Le sportswear gagne en puissance, les tailleurs s'assouplissent
Si la mode de la décennie pouvait se résumer à un sentiment, ce serait la douceur. Sonia Rykiel et Missoni nous offrent des tricots luxueux ; Halston dévoile des pièces en jersey moulant et des ensembles en suédine ; Calvin Klein propose des robes en satin fin et des tailleurs en jersey ; Fiorucci propose du denim extensible ; et Diane von Furstenberg introduit ses robes enveloppantes façon seconde peau. Tous ces vêtements partagent une qualité : la souplesse. Le corps féminin est mis en valeur dans des pièces élancées qui effleurent la silhouette.
En matière de sportswear – une catégorie en plein essor qui a moins à voir avec le sport qu'avec le fait d'arborer des vêtements faciles à porter –, le mot d'ordre est la douceur. Le confort est primordial, d'autant plus que les femmes entrent massivement sur le marché du travail et ont besoin d'une mode élégante mais pratique.
A Missoni look, 1975Hulton Archive/Getty Images
Le polyester, le tissu phare des 70's
S'il y a un tissu dans lequel les années 70 se sont enveloppées, c'est bien le polyester. Cette fibre synthétique donne vie aux silhouettes qui marquent l'époque : les cols pointus, les pulls et les combinaisons moulantes.
L'essor des tissus bon marché coïncide avec le déclin de la couture. En 1968, Balenciaga ferme boutique à Paris, tandis que ses contemporains Pierre Cardin, André Courrèges, Yves Saint Laurent et Emanuel Ungaro consacrent tous leurs efforts à la création et au développement de leur entreprise de prêt-à-porter.
Le polyester permet de produire et de vendre à des prix modiques les tailleurs chics et les minirobes aperçus lors des défilés. Bien que ce tissu ait ses défauts (manque de respirabilité et odeur de plastique), ses avantages (absence de repassage et faible entretien) font toute la différence. Si les années 1970 sont celles de la libération des femmes, le polyester (inventé par DuPont à la fin des années 1930 et commercialisé dans les années 1950) libère les femmes du fer à repasser. Il leur permet par ailleurs de porter au bureau des tailleurs ne nécessitant pas ou peu d'entretien. À la fin des années 1970 cependant, les femmes se lassent. Le polyester tombe en désuétude.
Polyester pantsuits for women, c. 1970Photo: Getty
Le jean de créateur : la mode se met au jean
Le jean est sur tout le monde. Dans les années 1950, cette tenue de travail devient une tenue de ville, puis elle gagne en puissance jusqu'à ce que les couturiers, eux aussi, s'en emparent.
Levi's, Lee et Wrangler sont des piliers dans la catégorie, et ils sont bientôt rejoints par Calvin Klein, Gloria Vanderbilt, Peter Golding et Fiorucci. L'ère du denim de créateur commence. Dans un article retraçant l'histoire du denim en 1978, Vogue US écrit : “Le modeste blue jean n'était jusque-là pas digne de recevoir des logos de créateurs. Alors que les sceptiques affirmaient que le marché jean était saturé et annonçait sa disparition ; alors que les ventes de Levis chutaient et que de nombreux magasins réduisaient leur marge dans la catégorie, Calvin Klein, Geoffrey Beenes, Ralph Lauren et Oscar de la Renta ont commencé à poser leurs célèbres initiales des jeans.”
Comme les parfums et les rouges à lèvres, les jeans permettent aux créateurs de renforcer leur marque à moindre coût. Le même article poursuit : “Calvin Klein, qui a lancé ses premiers jeans au début de l'année, insiste sur le fait que ‘les jeans ne sont pas morts : ils sont chauds, sexy et toujours aussi géniaux’. Il affirme avoir attendu de pouvoir obtenir une licence (Puritan Industries) pour fabriquer des jeans ‘à des prix raisonnables’. “Je veux que les filles qui n'ont pas les moyens de porter mes autres créations portent mes jeans.”
Dans un élan de génie marketing, le club Studio 54 surfe sur l'idée qu'il est très difficile d'entrer dans son enceinte et créé les blue jeans Studio 54, avec le slogan génial “Maintenant, tout le monde peut entrer au Studio 54”.
Valentino Garavani introduces his new line of designer denim Valentino Viva in New York on May 15, 1979WWD/Getty Images
Model Janice Dickinson wearing a pair of Calvin Klein jeans on April 20, 1979 in New YorkWWD/Getty Images
Triomphe des créateurs américains
L'âge d'or de la couture parisienne achevée, Londres s'impose comme capitale de la mode dans les années 60, tandis que les années 70 sont marquées par le triomphe de New York. Manhattan accueille une série de créateurs qui non seulement font la mode de l'époque, mais en définissent les futures orientations : Calvin Klein, Ralph Lauren, Bill Blass, Stephen Burrows, Oscar de la Renta, Halston et Anne Klein. Chaque marque possède son propre style et entre en rupture avec le métronome de la mode parisienne.
Eleanor Lambert (la publiciste à l'origine du Met Gala, de la Fashion Week et de l'International Best Dressed List) a une idée de génie afin de promouvoir la mode étasunienne. En 1973, une série d'événements sont organisés à Paris et à Versailles afin de collecter des fonds pour la restauration du château historique, dont un défilé de mode réunissant cinq créateurs américains (Bill Blass, Stephen Burrows, Oscar de la Renta, Halston et Anne Klein) et cinq créateurs français (Marc Bohan pour Christian Dior, Pierre Cardin, Hubert de Givenchy, Yves Saint Laurent et Emanuel Ungaro). Surnommé depuis la “Bataille de Versailles”, l'évènement, à l'origine, n'est pas du tout conçu comme une compétition.
Les comptes rendus du défilé (divisé en deux parties, les Parisiens et les Américains) décrivent une partie parisienne langoureuse (Rudolf Nureyev danse une scène de La Belle au bois dormant, Joséphine Baker fait du burlesque aux côtés des artistes du Crazy Horse Saloon). Le défilé étasunien, quant à lui, est présenté comme frais et jovial. Il se termine en apothéose avec Liza Minnelli interprétant la chanson “Bonjour, Paris” de Drôle de frimousse.
Dans l'International Herald Tribune du 30 novembre 1973, l'article de Hebe Dorsey intitulé “Les Américains volent la vedette au gala de Versailles” résume l'impact durable de la soirée : “La vraie surprise est la suivante : la mode américaine est arrivée à maturité. Les Français ne peuvent plus l'ignorer”.
Pieces from the Halston Spring 1975 collection photographed at the designer's townhouse at 101 E 63rd Street on October 16, 1974.WWD/Getty Images
Des années 70 nostalgiques des années 40
Si les années 1960 sont tournées vers l'ère spatiale et le futur, les années 1970 sont marquées par un relan nostalgique. Peut-être est-ce la sortie du Parrain (1972) ? Ou la collection Libération (ou Quarante) d'Yves Saint Laurent en 1971 ? Ou encore la muse du couturier, Paloma Picasso, qui s'habille avec dans marchés aux puces ? Toujours est-il que les goûts semblent s'aligner sur les années 30 et 40. Les silhouettes empruntent aux épaules structurées du New Look de Dior et les femmes portent des robes à taille de chemise aux imprimés géométriques.
En parcourant les légendes des photos des magazines Vogue de ces années-là, on trouve de nombreux “clins d'œil aux années 40”. Un article du numéro de juin 1972, intitulé “Le grand retour des ongles foncés” déclare : “La couleur violet, une autre teinte classique des années 40, n'a jamais été aussi belle sur nos ongles.”
La musique influence la mode : la fièvre disco et l'émergence du punk
Nous sommes en 1977. John Travolta se dandine dans La fièvre du samedi soir, et le Studio 54 ouvre ses portes au printemps. Le disco domine, et la mode doit être à la hauteur. Les femmes portent de l'élasthanne et des maillots moulants qui épousent les courbes. Les hauts sont dos nu. Les shorts font leur apparition, tandis que les robes midi sont plissées. Le Lurex, la nouvelle matière métallisée préférée, permet d'attraper la lumière des boules à facettes. La mode est aux talons compensés et aux “feathered hair”. Quant aux hommes, ils portent des pantalons flare (ou pattes d'éléphants) et des chemises (ou vestes) aux revers pointus.
La haute couture n'est pas en reste. Halston et Stephen Burrows sont les rois du disco glam, tandis que les robes à paillettes de Norman Norell continuent de séduire.
En 1976, à Londres, Vivienne Westwood et Malcolm McLaren donnent naissance au punk avec leur boutique de Chelsea Seditionaries (ensuite renommée Sex). Inspirés par un rock transgressif, les looks rejettent du statu quo, le climat politique, la récession en cours et la vie capitaliste. En 1977, Zandra Rhodes, qui a commencé la décennie avec des robes romantiques et folkloriques en mousseline de soie, se lance dans le punk avec des robes trouées, en lambeaux avec des épingles à nourrice en guise de fermetures.
Les grands créateurs des années 70.
Yves Saint Laurent, André Courrèges, Oleg Cassini, Rudi Gernreich, Norman Norrell, Emilio Pucci, Pierre Cardin, Emanuel Ungaro, Geoffrey Beene, Ralph Lauren, Bill Blass, Stephen Burrows, Oscar de la Renta, Halston, Anne Klein, Sonia Rykiel, Missoni, Chloé, Kenzo, Issey Miyake, Giorgio Armani, Valentino, Betsey Johnson, Mary McFadden, Marc Bohan for Christian Dior, Tommy Nutter, Ossie Clark, Zandra Rhodes, Jean Muir, Bill Gibb, Vivienne Westwood, Norman Norell, James Galanos, Bob Mackie, Giorgio di Sant’ Angelo et Norma Kamali.
Les tendances pour hommes qui ont marqué les années 70
Les hommes des années 1970 ont de nombreuses muses : James Bond, Mick Jagger, Johnny Rotten, Bob Marley, David Bowie ou encore James Brown.
Si un look marque la décennie, c'est bien le “leisure suit” en polyester (un blazer à deux boutons et un pantalon, commercialisé pour sa facilité, son confort et le peu d'entretien qu'il nécessite). Les chemises sont serrées, les pantalons sont évasés et les revers sont larges. Le James Bond de Roger Moore popularise le costume safari.
David Bowie lance la mode du glam rock, avec ses boas à plumes (Kansai Yamamoto est derrière les costumes de la tournée Ziggy Stardust), tandis que Mick Jagger séduit avec ses blouses de pirate efféminées et froufroutantes.
En 1975, le créateur italien Giorgio Armani fonde sa marque : elle donnera le ton de la décennie suivante.
John Travolta on the set of Saturday Night Fever, c. 1977Sunset Boulevard/Getty Images
Mick Jagger's wedding to Bianca Jagger in Saint-Tropez, France, May 12, 1971Mirrorpix/Getty Images
Dans la culture
Le 12 janvier 1970, un Boeing 747 arrive à l'aéroport londonien d'Heathrow. L'ère de la jet set commence, et la mode réagit en proposant des articles infroissables.
La décennie est marquée par les revendications des femmes, qui réclament l'égalité. Gloria Steinem et de Simone de Beauvoir appellent à l'action. En 1973, Billie Jean King triomphe de Bobby Riggs lors du match de tennis très médiatisé “Battle of the Sexes”.
L'agitation politique gronde aux États-Unis jusqu'à la fin de la guerre du Viêt Nam en 1975. Au Royaume-Uni, le prince Charles annonce son union avec Lady Diana Spencer, tandis que Margaret Thatcher monte en puissance.
La France est marquée par la présidence de George Pompidou. Elle écoute “Les Mots bleus” de Christophe et “Je suis malade” de Serge Lama. Sonny Bono et Cher font des émules dans le monde. Diana Ross est à son apogée et démarre sa carrière solo en 1970.
À l'écran, la série Drôles de dames incite les femmes à se dégrader et à s'effiler les cheveux façon “feathered hair”. Le rôle de Diane Keaton dans Annie Hall (avec ses costumes signés Ralph Lauren) marque les femmes qui veulent s'habiller comme les garçons.
Farrah Fawcett, 1976ABC Photo Archives/Getty Images
Cher in Bob Mackie, April 9, 1978, in Los AngelesHarry Langdon/Getty Images
Article publié initialement sur Vogue US
Traduction par Julie Ackermann
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