Hervé Pouchol, du micro de négociateur sur RTL et M6 aux mélodies nostalgiques : « C’est à Cannes que ma vocation est née »
On le connaît pour sa voix grave, sa bonhomie naturelle et sa capacité à dénouer les conflits de voisinage les plus inextricables dans l’émission « Ça peut vous arriver » sur RTL et M6. Pourtant, c’est avec une guitare, un micro et un album de reprises intitulé « Quand j’étais chanteur » qu’Hervé Pouchol investit ce jeudi soir le restaurant La Grande Brune à Nice. Après avoir fait la tournée cet été des campings Paradis, s’être produit au Victoria Palace à Contes ainsi qu’au célèbre tournoi de pétanque de juillet et aux halles de Jean-Roch à Saint-Tropez. Et avant d’enchaîner ce week-end au Salon international du Livre de Monaco, l’homme de radio et de télévision revient sur sa trajectoire hors norme.
Du rôle de négociateur sur RTL et M6 à la scène musicale, la transition est originale. Comment passe-t-on des litiges du quotidien aux chansons de variété ?
En fait, tout a commencé il y a quelques mois. Depuis le Covid, je m’amusais à publier des chansons sur les réseaux sociaux. Un jour, mon ami producteur Yves Roze - l’interprète d’« Adieu jolie Candy » sous le nom de Jean-François Michael, qui a aussi fait chanter la princesse Stéphanie de Monaco - m’a contacté. Il me suivait avec son épouse. Pendant le confinement, je m’ennuyais comme beaucoup de gens et je suis tombé sur une application qui permettait de chanter et de s’entendre. Je n’ai jamais pris un cours de chant de ma vie ! Pour moi, ma voix était uniquement faite pour parler à la radio. Mais Yves m’a dit : « Tu as cette voix grave de radio, quand tu chantes on retrouve un côté crooner peu répandu en France. Est-ce que tu veux faire un disque ? » Il ne faut jamais me lancer ce genre de défi : j’ai un esprit très ludique ! J’ai dit oui tout de suite parce que ça m’amusait.
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Comment s’est fait le choix des titres de cet album, baptisé « Quand j’étais chanteur » ?
On a réadapté et réorchestré avec Philippe Rossi des chansons des années 60 et 70 adaptées à mon timbre. La première, « Quand j’étais chanteur » de Michel Delpech, car c’était celle que les gens préféraient sur les réseaux. Dans toutes les soirées, on me demande toujours du Delpech ! On a aussi enregistré « Le Ciel, le soleil et la mer » de François de Guelte « Romantique avec toi » d’Alain Delorme, « Je reviens te chercher » de Gilbert Bécaud ou encore « Elle danse Marie » de François Valéry. Il y a 12 titres, des slows et des ballades très populaires. L’album est sorti mi-juin en CD sur mon site (hervepouchol.com) et sur toutes les plateformes.
Quel rapport particulier entretenez-vous avec la Côte d’Azur ?
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Des souvenirs très forts ! Ma mère passait énormément de temps à Saint-Tropez et j’ai vécu à Cannes vers l’âge de 5 ou 6 ans, juste à côté du Martinez. À l’époque, venir de la Haute-Loire jusqu’à Cannes par la Nationale 7 était un vrai périple. Mais j’adorais cette région. Je me promenais sur la Croisette avec mon chien Kong, un chow-chow qui ressemblait à un lion et qui avait un succès fou. C’est aussi ici qu’est née ma fascination pour les gendarmes motards. À tel point qu’au club de tennis, j’avais raconté à la directrice que mon père était motard, alors qu’il était industriel ! Cette anecdote a beaucoup fait rire le général Kim des années plus tard, quand je suis devenu réserviste citoyen de la gendarmerie nationale.
Quand est née cette envie viscérale de faire de la radio ?
J’avais 7 ans ! À l’école primaire au Puy-en-Velay, l’institutrice a demandé ce qu’on voulait faire plus tard. J’ai dit : « Je veux faire de la radio et remplacer Jean-Pierre Foucault sur RMC. » Tout le monde a rigolé. Et pourtant, en 1994, j’ai fini par occuper la même tranche horaire que Jean-Pierre Foucault sur RMC ! J’ai débuté en tant que DJ dans des discothèques de campagne, puis à 18 ans avec une première émission nocturne en direct sur France Inter (« Les Bleus de la nuit »). Ensuite, j’ai enchaîné sur Radio France Puy-de-Dôme, Sud Radio, RMC, puis Paris sur Rire & Chansons, Chérie FM, MFM et RTL.
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Comment vous êtes-vous rencontrés avec Julien Courbet ?
C’était au début des années 90 à Sud Radio. J’étais sur la route pour un reportage et j’écoute la station. J’entends un nouvel animateur avec une locution parfaite, un super timbre et beaucoup d’humour. Je me suis dit : « Ce garçon est extraordinaire. » C’était Julien. Dès qu’on s’est croisés à la station, ça a été une évidence immédiate. Une amitié fusionnelle est née. Plus tard, quand il a créé « Les 7 péchés capitaux » sur TF1, je l’ai rejoint. Et lorsqu’il a fallu envoyer quelqu’un sur le terrain pour convaincre la partie adverse dans les conflits de voisinage, il a pensé à moi. Ça fait 38 ans que nous sommes les meilleurs amis du monde, il est le parrain de mon fils. Julien improvise sans arrêt, c’est l’un des mecs les plus drôles que je connaisse.
Négocier sur le terrain dans des conflits parfois très tendus, c’est une méthode très spécifique…
J’ai une sainte horreur des conflits. Ma méthode, c’est l’humain. Quand j’arrive chez des gens qui ne se parlent plus depuis des années, je désamorce. Je leur parle individuellement, je vais chercher ce qu’ils ont de bon en eux. Dans 90 % des cas, on arrive à trouver un terrain d’entente et à se faire serrer la main. C’est ce qui fait la force de « Ça peut vous arriver », une émission qui dure depuis 26 ans ! D’ailleurs, le 18 septembre prochain, nous diffusons un prime inédit de deux heures sur M6 avec des négociations rocambolesques, notamment un dossier incroyable où un voisin avait érigé une palissade au milieu d’un chemin communal.
À La Grande Brune ce jeudi, puis au Salon du Livre de Monaco ce week-end, vous venez aussi dédicacer vos ouvrages. De quoi parlent-ils ?
À Nice, je dédicacerai mes livres sur la guerre des voisins, mais aussi « Les 1001 secrets de la voix ». J’y explique à quel point le timbre et le souffle sont des outils magiques de communication, de séduction et d’apaisement. Je prépare d’ailleurs un nouvel ouvrage sur le rééquilibrage alimentaire pour le début d’année prochaine, retraçant le challenge que j’ai relevé avec le Dr Pierre Dukan après avoir perdu 15 kilos.
À quoi doit s’attendre le public niçois pour ce rendez-vous du 3 septembre ?
À un moment de partage chaleureux, sans frime ! Cet été, j’ai fait la tournée des Campings Paradis avec mon fils, où j’animais des jeux, des blind-tests et où je chantais. À La Grande Brune, ce sera un showcase intimiste. Je vais interpréter 3 ou 4 chansons de l’album, raconter quelques anecdotes savoureuses sur les coulisses de la télé et de la radio, échanger avec les gens, faire des photos et des dédicaces. L’idée principale, c’est simplement de s’amuser tous ensemble !
Showcase et dédicaces d’Hervé Pouchol. Jeudi 3 septembre au restaurant La Grande Brune, 7, Promenade des Anglais à Nice à partir de 19 h www.lagrandebrune.fr/ ou 04 83 93 48 37