Henri Joyeux était accusé d’avoir participé à des essais cliniques illégaux sur Alzheimer et Parkinson : le professeur montpelliérain connaît sa sanction
Ce jeudi 1er octobre, le tribunal correctionnel de Paris devait rendre sa décision dans le procès du professeur Henri Joyeux. Le Montpelliérain d’origine est accusé d’avoir administré des patchs censés ralentir les effets d’Alzheimer et de Parkinson à près de 400 patients hors de tout cadre légal. Il a écopé d’un an avec sursis.
Ce jeudi 1er octobre, le tribunal correctionnel de Paris a rendu sa décision dans le procès qui impliquait les professeurs Henri Joyeux et Jean-Bernard Fourtillan.
Jean-Bernard Fourtillan a été reconnu coupable de recherche interventionnelle impliquant une personne humaine sans autorisations officielles, d’exercice illégal de la profession de médecin et de pharmacien ainsi que d’escroquerie et d’abus de confiance pour les tests de ses patchs censés améliorer le traitement des maladies de Parkinson et d’Alzheimer.
La juridiction a reconnu le professeur coupable d’avoir ainsi détourné pour son profit personnel près de 130 000 des 700 000 euros de dons versés à son "fonds Josefa" "en se les remettant personnellement et en investissant dans l’or de façon dissimulée".
Absent lors de l’audience, a été condamné à quatre ans de prison. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui. Il ne pourra plus non plus exercer une activité dans le domaine de la santé et de la pharmacie, et devra d’importants dédommagements aux parties civiles.
Henri Joyeux, son "bras droit" d’origine montpelliéraine, a été condamné à un an de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende. Marianne Fourtillan, compagne de Jean-Bernard Fourtillan et "cheville ouvrière de l’organisation de ces essais", a quant à elle été condamnée à deux ans de prison dont un avec sursis
De quoi parle-t-on ?
Pour rappel des faits, Jean-Bernard Fourtillan disait avoir découvert une hormone sécrétée par la glande pinéale du cerveau, la valentonine, et affirmait pouvoir l’utiliser dans le traitement de maladies neurodégénératives en l’associant à une autre hormone, la 6-méthoxy-harmalan (6-MH). Un procédé rejeté par les autorités médicales.
Pour tester sa "découverte", le professeur Fourtillan et sa femme ont organisé, par contingents d’une trentaine de personnes, la venue de cobayes volontaires à l’abbaye Saint-Croix de Saint-Benoît (Vienne), en périphérie de Poitiers, où les religieuses accueillent habituellement des groupes en retraite.
Les patchs transdermiques litigieux ont été testés sur près de 400 personnes, des malades et des personnes saines, à l’occasion de 19 sessions nocturnes organisées entre mai 2018 et août 2019.
"Jean-Bernard Fourtillan a cherché à faire accroire que des patchs qualifiés de miraculeux pourraient guérir des personnes atteintes de maladies neurodégénératives, qui n’avaient à leur disposition que des traitements symptomatiques. Pour faire croire à son discours, il a mis en place des essais cliniques sauvages", a expliqué le juge David Mayel en rendant le délibéré.
Le tribunal a relevé que la recherche de dons a constitué une "préoccupation constante" du professeur tout au long de son projet, notamment vis-à-vis des personnes souffrant de maladies neurodégénératives, que leur condition rendait particulièrement vulnérables.
Henri Joyeux, un "bras droit" "pas complice" ?
Et Henri Joyeux dans tout ça ? Le Montpelliérain d’origine était considéré comme le "bras droit" de Jean-Bernard Fourtillan.
Midi Libre avait eu l’occasion de l’interroger en juin dernier. Lors de cet échange, le professeur Joyeux, qui habite aujourd’hui à Formiguères, dans les Pyrénées-Orientales, avait confirmé qu’il avait lui-même "participé à l’essai (et) même contribué à le faire connaître et à recruter des malades".
Il s’était ravisé deux jours après, signalant que le recrutement des malades était "le fait exclusif du professeur Fourtillan".
"La justice me considère comme complice, mais il faut pour cela avoir conscience que vous participez à quelque chose d’illégal. Je ne suis pas complice", nous avait-il assuré. "Je ne savais pas que l’essai était illégal… enfin, c’est ce que le tribunal devra déterminer."