Haute-Saône. « J’avais cru que j’avais perdu un œil » : 50 ans après, Yves Bilquey appelle à la prudence pour regarder l’éclipse
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« J’avais cru que j’avais perdu un œil » : 50 ans après, Yves Bilquey appelle à la …
Victime d’un grave accident en observant une éclipse en 1976, Yves Bilquey conserve aujourd’hui une cicatrice sur la rétine. Aujourd’hui, il souhaite avant tout sensibiliser le public aux risques d’une observation sans protection adaptée.
Sandrine Lassus -
Aujourd’hui à 19:00
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À travers son témoignage, Yves Bilquey, habitant de Saint-Loup-sur-Semouse, veut surtout mettre en garde pour regarder l’éclipse. « Aujourd’hui, ma rétine s’en souvient encore. » Cinquante ans après les faits, son souvenir est intact. Yves Bilquey revoit encore cette matinée d’avril 1976 où sa passion pour le ciel a bien failli lui coûter la vue.
« J’avais 20 ans, mentionne-t-il. J’étais installé sur les hauteurs de Fougerolles pour photographier l’éclipse avec mon appareil muni d’un objectif de 1 000 mm et d’un filtre solaire. Celui-ci a chauffé, il devait avoir un petit défaut et soudain il a explosé. J’ai pris un flash énorme, équivalent à des milliers de flashs photographiques. Je n’ai ressenti aucune douleur, mais je ne voyais plus rien de l‘œil droit. Pendant plusieurs semaines, il pleurait en permanence. J’arrivais quand même à l’ouvrir mais je ne voyais rien, juste l’image de l’éclipse », raconte Yves. Sa vue reviendra progressivement, mais les séquelles sont toujours présentes : « Aujourd’hui encore, j’ai un point trouble au centre de l‘œil. L’ophtalmologiste voit bien une cicatrice sur la rétine, il n’y a rien à y faire. »
Des lunettes adaptées
Il insiste bien sur une règle essentielle : ne jamais regarder le soleil sans une protection conforme. « Il faut uniquement utiliser des lunettes adaptées, conformes à la norme ISO 12312-2 : 2015. Il ne faut pas les manipuler, ni nettoyer les verres et après l‘éclipse, il vaut mieux les jeter. À l‘époque, certains utilisaient des diapositives ou des radios, c’est très dangereux. La prévention est très importante. J’avais cru que j’avais perdu un œil », confie Yves Bilquey.
Aujourd’hui encore, j’ai un point trouble au centre de l‘œil. L’ophtalmologiste voit bien une cicatrice sur la rétine, il n’y a rien à y faire
Yves Bilquey
Malgré cet accident, Yves n’a jamais renoncé à observer les éclipses. Il se remémore bien celle de 1999. « C’était le 11 août. » À cette époque, ce cuisinier à la retraite travaillait à Pont-à-Mousson (54). « J’étais en plein centre de la zone d’ombre, c’était juste magnifique, tout l’horizon était lumineux et nous, on était dans le noir », relate-t-il.
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