Hausse du prix des carburants : le plein sera-t-il bientôt moins cher ?
Depuis début février, les prix de l’essence et du gazole ont flambé jusqu’à atteindre des chiffres records. Une situation qui ne devrait pas s’améliorer dans un futur proche, comme nous l’explique l’économiste Philippe Waechter.
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Depuis début février, les prix des carburants notamment le gazole, ont flambé jusqu’à atteindre un chiffre record ce mercredi 9 septembre 2026 à 2,292 euros le litre. Une hausse directement liée à la guerre au Moyen-Orient. Un conflit qui, après des accords de paix jamais respectés, a repris du poil de la bête ces dernières semaines et qui semble s’installer dans la durée.
« Avec cette perspective en tête, il est difficilement pensable que le prix du pétrole redescende en dessous de la barre des 100 dollars », explique Philippe Waechter, Chef Économiste chez Ostrum Asset Management. Un constat qui peut être confirmé par Washington qui a annoncé avoir détruit cinq tankers iraniens. Une nouvelle qui va encore faire grimper la prime de risque dont bénéficient les navires pétroliers qui circulent dans le détroit d’Ormuz. « Une prime de risque dont le prix est directement répercuté à la pompe », poursuit M. Waechter.
Selon l’économiste, ces prix surélevés proviennent aussi des « stocks américains de pétrole » qui baissent fortement. Un pétrole que les pays de l’UE et notamment la France utilisent au quotidien. « Même si les Américains ont compensé au début de la crise, ils commencent à jouer de la rareté de leur produit », argue Philippe Waechter. Un jeu de marché qui tourne en défaveur des autres pays de l’OCDE, dont la France, qui possèdent de maigres stocks de pétrole.
Un souci qui ne semble pas impacter la Chine qui a réduit sa production de carburants sans pour autant tirer la sonnette d’alarme. Mais l’Europe n’est pas près de profiter des stocks chinois étant donné les pressions effectuées par les États-Unis à cet égard.
Les raffineries ne suivent pas le rythme
Et si au lieu d’importer le gazole, on le fabriquait nous-même ? Sur le papier cela semble être la solution miracle. C’est d’ailleurs ce qui se faisait jusqu’à la crise économique de 2008, date à partir de laquelle les raffineries françaises et européennes ont peu à peu été délocalisées… au Moyen-Orient. « Cela a permis de recevoir des carburants à moindre coût sans problème pendant des années mais depuis la coupure du détroit on se rend compte qu’il ne s’agissait pas de la meilleure solution », analyse Philippe Waechter.
Toujours selon l’économiste, il serait quasiment impossible aujourd’hui de réinstaller « l’industrie, d’autant qu’elle ne pourra jamais être opérationnelle comme elle a pu l’être dans le passé et répondre convenablement à la demande ». Aujourd’hui en France, il ne reste que sept raffineries qui ont « déjà réduit au maximum leurs marges de bénéfices », justifie M. Waechter.
Pas d’aides à venir
Le gouvernement reste « défavorable » à des « mesures plus générales » d’aides pour faire face à la hausse des prix des carburants, en raison notamment de la « situation des finances publiques », a déclaré Bercy ce mercredi, à l’issue d’une réunion avec les distributeurs de carburant.
Certains participants à cette réunion « ont pu s’exprimer dans la presse sur l’opportunité de mesures plus générales », comme une baisse temporaire de la fiscalité sur le carburant, mais « le gouvernement y reste défavorable », a expliqué le ministère de l’Économie lors d’un point presse par téléphone. « S’agissant d’un plafonnement des prix, libre à chacun de le faire s’il le souhaite opportun », a dit Bercy, qui y reste « défavorable » car « plafonner, c’est organiser la pénurie ».
Cette décision de ne pas mettre en place des mesures d’aides, Philippe Waechter la voit comme un signe que la situation ne va pas s’améliorer. « Si je suis l’État, que je sais que le prix du pétrole va rester à 100 dollars sans savoir s’il redescendra à 60 dollars un jour, je ne propose pas d’aide qui risque de durer longtemps. Si aujourd’hui le gouvernement a fait ce choix, c’est parce qu’ils prévoient que la situation ne va pas s’améliorer. »
Interrogé sur l’impact des hausses de prix sur les recettes fiscales, Bercy a indiqué que la consommation de carburant s’était ajustée aux prix, étant en moyenne en baisse de 5,5 %.
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