Guerre en Ukraine : pneus, filets, bidons d’eau : face aux drones, les cargos se fabriquent des armures de fortune
Le vraquier Anna S, battant pavillon libérien et présentant des dommages visibles sur son pont, est escorté par un bateau de la sécurité côtière alors qu'il revient de la mer Noire en passant par le détroit du Bosphore à Istanbul, en Turquie, le 1er septembre 2026.
© REUTERS / REUTERS
Depuis l'été, les attaques ukrainiennes visant les exportations pétrolières et céréalières russes se sont multipliées, en réponse à des frappes russes plus intenses sur les ports ukrainiens. Résultat : des navires marchands de plus en plus souvent endommagés à leur arrivée dans le détroit du Bosphore.
Des filets de protection, des bidons remplis d'eau, des pneus accrochés à la coque : les navires marchands et pétroliers qui traversent le détroit du Bosphore multiplient les défenses de fortune pour se prémunir des frappes de drones russes et ukrainiens, de plus en plus fréquentes en mer Noire, raconte The Independent.
Le danger qui pèse désormais sur le transport commercial s'est manifesté de façon spectaculaire ce mardi 1er septembre, lorsque le cargo russe Omskiy-107 s'est échoué sur une plage à l'est d'Istanbul. Le navire, frappé par un drone avait dérivé depuis les eaux russes. Sur des photos, on peut voir sa passerelle de commandement détruite par un incendie.
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Les forces ukrainiennes ont intensifié depuis juillet leurs frappes ciblées contre les navires et les infrastructures liés aux exportations russes de pétrole et de céréales, en réponse à des bombardements russes accrus contre les principaux ports d'exportation ukrainiens d'Odessa, Tchornomorsk et Pivdennyi.
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« Il existe plusieurs contre-mesures »
Face à cette menace, certains équipages tentent d'amortir les impacts. Le 11 août, le pétrolier Caruzo, battant pavillon sierra-léonais, a traversé le détroit avec des cuves d'eau suspendues à sa poupe pour protéger la salle des machines. Le 27 août, le pétrolier russe Khrizopraz a été observé avec des pneus disposés le long de sa coque.
Selon Corey Ranslem, directeur général de la société de sécurité maritime Dryad Global, le volume des attaques visant le transport commercial a nettement augmenté et pourrait encore s'aggraver. « Il existe plusieurs contre-mesures que l'on voit apparaître à bord des navires qui transitent en mer Noire », a-t-il expliqué, citant notamment les conteneurs remplis d'eau associés à des filets de protection. Une autre technique, consistant à recouvrir la superstructure du navire de grillages métalliques surnommés « cope cages », s'est également répandue.
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Leur efficacité reste toutefois limitée. « Ces dispositifs peuvent fonctionner contre certains drones de petite taille, mais face aux modèles militaires plus imposants, ils peuvent se révéler peu efficaces, voire totalement inopérants », a précisé Corey Ranslem.
La Turquie, dont les propres navires commerciaux ont été touchés à plusieurs reprises, a convoqué ce week-end l'ambassadeur d'Ukraine à Ankara après des attaques contre deux navires près du port russe de Touapsé.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti ce mercredi 2 septembre que ces frappes ravivaient les pénuries mondiales de céréales, en particulier en Afrique, appelant à une résolution urgente. Son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a indiqué qu'Ankara avait préparé un plan pour rétablir des corridors céréaliers sécurisés, en discussion avec Moscou et Kiev. La Russie a toutefois affirmé mercredi ne voir aucune raison de relancer l'accord céréalier négocié par la Turquie en juillet 2022, dont elle s'était retirée en 2023.
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