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Guerre en Ukraine : des missiles balistiques nord-coréens KN-23 envoyés par la Russie… quand Pyongyang aide Moscou à faire face à l’ennemi

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé mardi la Russie d’avoir tiré des missiles balistiques nord-coréens lors de frappes sur Zaporijjia. Ces bombardements nocturnes ont fait au moins neuf morts en Ukraine, alors que Kiev redoute désormais l’arrivée de 50 000 soldats de Pyongyang en renfort.

Le président Volodymyr Zelensky a accusé mardi Moscou d’avoir utilisé des missiles balistiques nord-coréens lors de frappes nocturnes sur la ville de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, qui ont fait au moins six morts.

"La ville a été frappée par des missiles balistiques nord-coréens, des (missiles russes) Zircon et des bombes aériennes guidées", a déclaré Volodymyr Zelensky sur X, sans étayer ses accusations, dénonçant une "attaque brutale, conçue pour infliger un maximum de dégâts".

Selon les autorités mardi matin, au moins neuf personnes ont été tuées au total lors d’une nouvelle nuit de bombardements russes sur l’Ukraine.

Ces attaques interviennent alors que Volodymyr Zelensky a affirmé lundi que la Russie se préparait à déployer davantage de soldats nord-coréens sur son territoire et avait reçu de nouveaux missiles balistiques en provenance de Pyongyang.

Le week-end dernier, Zelensky avait assuré qu’une décision avait été prise concernant le déploiement de 30 000 à 50 000 Nord-Coréens sur le sol russe. Il n’a pas précisé comment il avait obtenu ces chiffres.

Une unité spécialisée

Andrii Cherniak, responsable de la direction générale du renseignement ukrainien, a déclaré que la Russie prévoyait d’installer une unité nord-coréenne spécialisée dans le ​lancement de missiles balistiques, composée d’environ 90 militaires nord-coréens, dans la région de Voronej, à l’ouest de la Russie, au sein de sa 112e brigade de missiles.

Cette unité de missiles, qui pourrait être équipée à ⁠hauteur de 120 ‌missiles et de six lanceurs destinés à frapper l’Ukraine, mettrait la défense ukrainienne à mal alors que Kiev manque cruellement de systèmes de défense aérienne de pointe.

Pyongyang a déjà envoyé en Russie un lot de 40 missiles KN-23 et KN-24 et du personnel, mais la configuration du déploiement et le nombre total de missiles n’ont pas encore été finalisés, selon Andrii Cherniak.

"Violation"

L’Ukraine, comme ses alliés occidentaux, ont déjà accusé la Russie par le passé d’utiliser des armes de fabrication nord-coréenne. La Corée du Nord est un allié de la Russie et les relations entre les deux pays se sont renforcées depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

Le week-end dernier, Volodymyr Zelensky avait appelé la Corée du Sud à coopérer avec l’Ukraine, notamment en matière de systèmes de défense anti-aérienne.

"La coopération militaire entre la Corée du Nord et la Russie est une question qui affecte directement notre sécurité et constitue une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU", a commenté à l’AFP une porte-parole de la diplomatie sud-coréenne. Séoul "suit de près" l’évolution de la situation, a-t-elle ajouté.

Selon un chercheur au sein du groupe de réflexion Korea Institute for National Unification, Hong Min, "la perspective de nouveaux déploiements nord-coréens est hautement plausible, étant donné la demande croissante de main-d’œuvre de la Russie à mesure que la guerre s’éternise".

Plus puissants, mais moins précis

La Corée du Nord s’est imposée comme un allié proche de la Russie dans son invasion de l’Ukraine. Les deux pays ont signé un pacte de défense mutuelle en 2024. Depuis lors, Pyongyang a fourni ‌des millions d’obus d’artillerie ‌pour soutenir l’effort de guerre russe et a envoyé 14 000 soldats dans la région de Koursk ​pour repousser l’incursion ukrainienne au-delà de la frontière russe.

Les missiles nord-coréens KN-23 et KN-24 ont ⁠une portée et une charge utile supérieures à celles de leur équivalent russe, l’Iskander, mais sont beaucoup moins précis. Ils sont notamment associés à des frappes ayant fait un nombre élevé de victimes civiles, selon des sources militaires ukrainiennes.

La Russie cherche à recourir à davantage de missiles balistiques tels que les KN-23, KN-24 ou son Iskander 9M723, qui ne peuvent être interceptés que par les systèmes de défense aérienne Patriot de fabrication américaine.

La Russie a commencé à tirer des missiles KN-23 et KN-24 sur l’Ukraine vers la fin de l’année 2023. La Corée du Nord a fourni 150 de ces missiles entre la fin de l’année 2023 et le mois d’août 2025, a déclaré Andrii Cherniak.