Guerre au Soudan: fin de l’état d’urgence dans la capitale
La fin de l’état d’urgence dans la capitale d’un Soudan ravagé par plus de trois années de guerre a été annoncée le 27 août par un communiqué du Comité de sécurité de l’État de Khartoum. Cela faisait plus de deux ans que Khartoum vivait sous ce régime d’exception.
Publié le : 28/08/2026 - 13:22
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante régionale, Gaëlle Laleix
Ses habitants vont donc retrouver une certaine liberté de mouvement, mais beaucoup reste à faire avant un retour à la normale.
La fin de l’état d’urgence à Khartoum signifie d’abord la levée du couvre-feu. Les habitants peuvent désormais circuler, mais surtout travailler à toute heure. Le Comité de sécurité leur demande néanmoins de toujours porter sur eux leurs documents d’identité. Car des patrouilles et des points de contrôle sont maintenus.
Par ailleurs, l’entrée de la capitale reste interdite aux étrangers voyageant par bus, train ou véhicule privé, sauf s’ils disposent des autorisations nécessaires.
Cette annonce s’inscrit dans la suite de mesures de normalisation mises en place par les autorités depuis que l’armée a récupéré la capitale en avril 2024, après le retour sur place du gouvernement en janvier et la réouverture de l’aéroport en avril.
« On est encore loin de vivre normalement »
« C’est une bonne nouvelle, mais on est encore loin de vivre normalement », confie un militant des comités de résistance, qui rappelle que de nombreuses infrastructures restent détruites.
D’après les Nations unies, près de 3 millions de déplacés sont rentrés à Khartoum. Mais ils manquent encore de tout, à commencer par l’électricité. En juillet, le ministère soudanais de l’Énergie reconnaissait lui-même devoir procéder à des délestages de près de 18 heures dans certains quartiers de la capitale.
La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, selon les travailleurs humanitaires, et a déplacé plus de 12 millions de Soudanais, dans ce qui constitue, selon l'ONU, la plus grave crise humanitaire au monde.
À lire aussiSoudan: la société civile rejette le dialogue national proposé par le général al-Burhan