Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis frappent l’Iran pour la 3e nuit de suite, Donald Trump réclame un péage à l’entrée du détroit d’Ormuz
Les États-Unis ont mené une troisième nuit de frappes contre des cibles militaires dans le sud de l’Iran dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet. De plus, Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur d’un blocus américain du détroit d’Ormuz.
Les États-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran. Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé sur X le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
At 4:45 p.m. ET today, U.S. Central Command began launching the third consecutive night of strikes against Iran, at the Commander in Chief's direction. These strikes will continue imposing a heavy cost on Iranian forces and degrade their ability to attack innocent civilians and…
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 13, 2026
Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d’Ormuz, selon l’agence de presse iranienne Irna. Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.
Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn – entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair. Les sirènes d’alerte avaient été déclenchées plus tôt dans le royaume.
Un nouveau blocus contre l’Iran
Les Émirats arabes unis ont rapporté des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers dans le détroit d’Ormuz, tuant un membre d’équipage indien.
Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu’un accord avec l’Iran était encore "possible". Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli. Ce blocus entrera en vigueur ce mardi 14 juillet, selon l’armée américaine.
Avec ce blocus, le président américain a dit vouloir percevoir "une rémunération correspondant à 20 % de la valeur des cargaisons" transitant par la voie maritime en échange de la protection du détroit d’Ormuz. Une mesure contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X : "l’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".
Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant : "20 %, c’est évidemment trop. Nous serons équitables".
Des paroles qui font grimper le pétrole
Les cours se sont envolés lundi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s’envolant de plus de 9 %. Mardi vers 5 heures (heure française), il gagnait encore 1,32 % à 84,40 dollars (74 euros).
Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d’être entériné le 17 juin par un protocole d’accord.
Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".
La semaine dernière, le président américain a d’ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l’Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l’AFP.
Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d’accord "est en crise". "Mais l’Iran n’a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d’une conférence de presse à Téhéran à laquelle assistait l’AFP.
D’après des médias d’Etat iraniens, les bombardements américains des derniers jours ont touché de vastes zones de l’ouest et du sud, notamment l’île de Qeshm et Bandar Abbas, mais aussi la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak.
Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l’AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.