Guerre au Moyen-Orient: au Kurdistan irakien, le carburant se fait rare après les attaques contre les sites énergétiques
Au Kurdistan irakien, les conséquences de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran se font désormais sentir à la pompe. Depuis plusieurs semaines, les attaques quotidiennes de drones et de missiles sur la région ont poussé plusieurs entreprises exploitant les principaux champs gaziers et pétroliers à suspendre leurs activités. Résultat : l'approvisionnement en carburant est perturbé et les prix de l'essence ont fortement augmenté. Les autorités régionales tentent désormais de plafonner le prix de l'essence standard.
Publié le : 22/07/2026 - 07:02
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Avec notre correspondante à Bagdad, Marie-Charlotte Roupie
Au lendemain de cette annonce, la plupart des stations-service privées sont fermées ou désertes. Elles affichent encore un prix de 1 350 dinars irakiens le litre, soit environ 90 centimes d'euro. Les automobilistes se rabattent alors sur les rares stations distribuant le carburant subventionné par le gouvernement régional, vendu environ 50 centimes le litre.
Une situation qui bouleverse le quotidien de nombreux chauffeurs, comme Bilal Abdelkarim : « Avant la guerre, on consommait un peu d'essence privée parce que les prix n'avaient pas autant augmenté. » En quelques semaines, son plein quotidien a pris 16 euros de plus, et il n'a souvent d'autre choix que d'attendre de longues heures pour accéder au carburant subventionné. « Il était à 850, et maintenant c'est près de 1 400 [dinars irakiens] le litre. On est obligés de venir faire la queue ici, sinon on ne peut pas faire le plein », explique-t-il.
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Crainte d'attaques
Cette flambée des prix s'explique par la suspension des activités de plusieurs exploitants pétroliers, qui craignent des attaques contre les infrastructures énergétiques. La baisse de l'offre a fortement réduit l'approvisionnement du marché privé. Face à cette situation, le gouvernement régional a ordonné lundi 20 juillet un plafonnement des prix. Mais certaines stations, incapables de vendre à ce tarif, ont préféré ne pas ouvrir.
Najad Gardi, chauffeur de taxi, est fatigué de subir chaque regain de violence dans la région. « Maintenant on peut travailler un jour et le suivant on doit faire la queue pour de l'essence. C'est un vrai problème parce que nos revenus dépendent de ça », déplore-t-il.
Au-delà du carburant, la baisse de la production de gaz complique aussi le quotidien des habitants. Les coupures d'électricité se multiplient au Kurdistan irakien.
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