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Grêle, tempêtes, maladie, canicule... les vignobles sont-ils menacés de disparaître ? À Fronton, près de Toulouse, on explore toutes les pistes pour éviter le pire

l'essentiel S’adapter à des changements climatiques forts, parfois dramatiques, est devenu un objectif dans le Frontonnais où l’on multiplie les initiatives et projets.

Les vendanges en Frontonnais, précoces comme jamais, remettent en question des méthodes, des choix, des habitudes qui ont fait le succès de ce vignoble désormais connu dans le monde entier. Face à l’inquiétante évolution météorologique qu’accompagne une crise économique également anxiogène, l’urgence est là. 20 % du vignoble ont été arrachés entre 2025 et 2026 et les ventes de vins, les rouges notamment, s’effondrent. C’est pour cela que la réflexion s’est accélérée ces derniers mois autour d’une seule idée : envisager l’avenir différemment.
Plusieurs pistes sont ainsi explorées pour tenter de sauver ce qui est encore sauvable, et notamment le cépage phare du vignoble : la négrette.

À Vacquiers, en Haute-Garonne, un coopérateur de la cave Vinovalie laisse par exemple une partie de ses parcelles à des fins expérimentales. L’une reste en l’état, pour comparaison, une autre est entourée de voiles d’ombrage, une troisième sera littéralement blanchie au carbonate : « Cette expérimentation est réalisée chez Yannick Brousse dans le cadre du projet DECSO (Démonstration et évaluation de combinaisons de pratiques résilientes et durables dans le Sud-Ouest). Ces chaleurs peuvent réduire de 30 % à 80 % les récoltes », explique Romain Cogo, technicien viticole chez Vinovalie.

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À quelques kilomètres, un autre coopérateur Vinovalie, Pierre Espagnet, s’est quant à lui lancé dans la plantation de cépages résistants aux maladies et, pour certains, à la chaleur. Floréal, Artaban, Vidocq et autres Voltis ou Souvignier gris, sont désormais enracinés dans ses terres : « la négrette, et d’autres cépages souffrent. On ne peut plus se permettre d’attendre… », martèle ce vigneron connu pour son engagement fort et, aussi, son franc-parler…

Miser aussi sur le Bouysselet

Pour Benjamin Piccoli, directeur du syndicat des vins de Fronton, l’intégration d’un nouveau cépage dans l’appellation « est également un vrai espoir pour l’avenir ». Le Bouysselet, qui avait disparu des vignes frontonnaises, revient en force. Il sert à faire du blanc, un vin de plus en plus prisé de la jeunesse qui boude les rouges. Dans certains types de sols, planté plus en profondeur, on attribue au Bouysselet de belles qualités gustatives mais également « une résistance à la chaleur supérieure à d’autres cépages ».

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C’est cet ensemble d’initiatives, et sans doute de nombreuses autres à venir, qui permettront d’affronter des étés comme celui que l’on vit actuellement. Car s’il existe une certitude, c’est bien celle-ci : les aléas climatiques forts, désormais tout au long de l’année, sont les signes qu’une époque est terminée… et que le vignoble est définitivement entré dans une nouvelle ère.
E. Haillot