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Grèce. « Pas d’eau, pas de toilettes... pour 30 euros le billet » : rien ne va plus à l'Acropole d'Athènes

Ce 24 juillet, il est 14 h 15 au sommet de l’Acropole d'Athènes quand un jeune couple, accroupi, se fait réprimander par une surveillante du site le plus visité en Grèce. Devant eux, leur enfant d’à peine trois ans, assis sur un pot, fait ses besoins. La gardienne leur signale que c’est interdit. Les parents rétorquent : « Mais il n’y a pas de toilettes… Comment faire ? » Un collègue précise : « Avant, il y en avait dans l’ancien musée [à deux pas de l’endroit où la scène se déroule, NDLR]. Mais ils ne fonctionnent plus. » Quelques jours avant, un couple d’Allemands est sorti du site car un de leurs enfants devait aller aux toilettes… Ils n’ont pas eu le droit de remonter.

À micro fermé, l’homme confie : « Des scènes comme celles-ci, on en voit souvent. » Au sommet de la Roche sacrée, rien ne va plus. Le gardien ajoute : « Certains jours, il n’y a pas d’eau dans les distributeurs. Souvent, elle est chaude. » Des touristes françaises, en bas du site, témoignent : « Il n’y a pas d’eau en haut, pas de toilettes… Pour 30 euros le billet… »

Une employée de ce sanctuaire érigé au Ve siècle avant Jésus Christ, à l’initiative de Périclès et en hommage à la Déesse Athena, explique : « Les services proposés aux touristes ont évolué de manière inversement proportionnelle à l’augmentation du ticket d’entrée, passé de 20 euros à 30 euros en 2024. » Elle liste : « Depuis un an et demi, les W.-C. sont hors service à tel point que certaines personnes sont obligées d’uriner entre les marbres. J’ai vu plusieurs fois des visiteurs ne pouvant se retenir en descendant. L’ascenseur pour les personnes à mobilité réduite est souvent en panne ou ne fonctionne que quelques heures. À l’entrée, c’est le bazar depuis que la gestion a été confiée à une entreprise privée. » Sur son portable, elle présente des photos montrant des traces d’excréments, des pompiers portant des personnes à mobilité réduite, la cohue à l’entrée.

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D’autres employés ou gardiens abondent, anonymement de crainte de perdre leur emploi. Tous s’indignent des conditions d’accueil réservées aux plus de 4,5 millions de visiteurs annuels (soit en moyenne plus de 12 000 personnes par jour).

29 millions d’euros de l’Union européenne

D’après le ministère de la Culture pourtant, la Grèce a reçu 29 millions d’euros du fonds de relance de l’Union européenne pour « améliorer les services fournis par l’Organisme de gestion et de développement des ressources culturelles [ODAP en grec, NDLR] aux visiteurs des sites archéologiques et des musées. » En 2023, ce ministère a lancé un appel d’offres pour « prendre en charge le système d’émission et de contrôle des billets électroniques » de l’Acropole, à hauteur de deux millions d’euros. « Les entreprises qui l’ont remporté sont incapables d’offrir des conditions d’accueil décentes », affirme un salarié. Pourtant, mardi prochain, une loi doit être votée au Parlement qui renforce la privatisation de certains services et permettrait de céder la gestion des musées et sites archéologiques à des entreprises privées. Pour la plus grande inquiétude des salariés qui craignent des dégradations irréversibles des sites.