GRAPA : ils sont plus de 60 000 seniors précarisés à y avoir droit… sans la demander
Pour avoir droit à la GRAPA, la "Garantie de revenus aux personnes âgées" destinée aux pensionnés en situation de précarité dont Jan Jambon entend durcir les règles d'accès, il faut être Belge (ou assimilé), résider en Belgique "de manière effective et permanente", avoir atteint l'âge légal de la pension, et ne pas dépasser 1 644 euros brut de revenus mensuels si vous êtes isolé(e), et 1 096 euros si vous êtes cohabitant(e) légal(e).
Certains bénéficiaires potentiels, qui entrent dans ces conditions, n'y ont pourtant pas recours : selon les chiffres fournis pour la période 2012-2017 par BRAIN-be, un programme de recherche pluriannuel financé par le gouvernement fédéral belge via la Politique scientifique fédérale, on estime ainsi à plus de 60 000 le nombre de retraités éligibles qui ne perçoivent pas une GRAPA à laquelle ils ont en principe droit.
guillementJ'ai rencontré des aînés qui doivent vivre avec 500 euros par mois, pourraient y prétendre, mais ne le savent pas parce qu'on leur avait dit non au moment de la pension
Pour Ludivine Dedonder, députée PS à la Chambre, c'est le système et la façon dont il fonctionne qui expliquent cette bizarrerie : "Le droit est examiné d'office lorsque le pensionné atteint l'âge légal, mais aucun réexamen systématique n'intervient ensuite, alors que la situation d'un aîné peut changer : une épargne qui s'épuise, un conjoint qui décède, des revenus qui diminuent. Des centaines voire des milliers de personnes ouvriraient ainsi droit à la GRAPA sans jamais l'introduire, faute de savoir qu'elles y ont droit. J'ai moi-même rencontré des aînés qui doivent vivre avec 500 euros par mois, pourraient y prétendre, mais ne le savent pas parce qu'on leur avait dit non au moment de la pension. "
Une révision tous les 5 ans ?

Aiguillée par le Service de médiation pour les pensions, qui préconise une révision automatique du droit à la GRAPA tous les cinq ans, la socialiste vient donc de déposer une proposition de loi qui va dans ce sens. Elle regrette, d'ailleurs, de voir tant d'énergie et de moyens dépensés pour confondre d'éventuels fraudeurs quand elle pourrait être utile autrement : "On voit toujours ce problème sous l'angle des abus, mais il n'y a guère de statistiques sur le sujet : on est, encore une fois, dans le fantasme. Alors, oui, bien sûr, s'il y a fraude, il faut pouvoir la condamner, mais à côté, il faudrait aussi informer correctement des aînés qui ont droit à cette aide sans le savoir, et ainsi leur éviter de basculer dans la précarité."
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