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Gironde. « On a peur de retrouver des morts » : au Porge, colère et appréhension après l’incendie dévastateur

Les larmes aux yeux, Bruno et son fils Gabriel ne peuvent que constater les dégâts. Leur villa construite en 1988 au Porge (Gironde) est dévastée. « Là c’était la cuisine, ici les chambres. Regardez ce qu’il reste de la télé ! », montre Gabriel au milieu des tuiles brisées et des cendres. Les flammes ont été impitoyables. Jeudi dernier, les 3 500 habitants de cette petite commune située au nord du bassin d’Arcachon ont reçu l’ordre d’évacuer. « Si j’avais su, je serais resté pour sauver ma maison », regrette Bruno. « Il faudra au moins deux ans pour tout reconstruire », se lamente-t-il.

Père et fils, comme de nombreux autres habitants, estiment avoir été « abandonnés » par les pompiers le soir où l’incendie, qui s’est déclaré mercredi dernier dans la commune voisine de Saumos, a ravagé Le Porge. « Ils ont préféré aller sauver les riches » plutôt que nos villas, accuse Bruno, en faisant référence à la presqu’île du Cap Ferret, où une trentaine d’habitations auraient été détruites. Au Porge, 183 maisons ont été réduites en cendres. Au milieu d’un pré calciné, où gît un chevreuil, demeurent les souches noires des pins ravagés, avec en toile de fond des villas éventrées et leurs piscines détruites.

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« On savait très bien que le Cap Ferret serait protégé en priorité, car c’est l’image de carte postale du bassin d’Arcachon. Si le Cap avait été touché, Emmanuel Macron serait venu tout de suite », insiste un autre habitant.

  • Gabriel devant la villa sinistrée de son père Bruno   Photo EBRA /Alexandra Simard

    Gabriel devant la villa sinistrée de son père Bruno   Photo EBRA /Alexandra Simard

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  • Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

    Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

  • Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

    Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

  • Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

    Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

  • Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

    Le Porge dévasté par le mégafeu en Gironde. Photo EBRA /Alexandra Simard

Ce lundi après-midi, le président de la République, accompagné de son ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, se sont rendus en Gironde auprès des forces de sécurité et des élus mobilisés contre cet incendie, désormais stabilisé mais pas fixé, qui a ravagé la superficie record de 42 000 hectares. « Notre priorité, c’est de sauver des vies », a balayé la préfète de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, Sophie Brocas, ce lundi depuis Le Porge. « Ce n’est pas le temps des critiques, des polémiques », a jugé la représentante de l’État, même si « les gens ont le droit d’être en colère », a-t-elle ajouté.

Des moyens aériens jugés trop tardifs

Le maire (SE) Martial Zaninetti considère aussi que « les moyens ne sont pas extensibles ». Il estime toutefois que « les moyens aériens ont mis du temps à arriver » au Porge.

Assis sur un banc devant la salle des fêtes, Hervé (*) assiste de loin à la venue de la préfète. Lui aussi ne décolère pas. Il raconte sa soirée de l’enfer : « Je voyais les camions de pompiers passer devant nos maisons en feu sirènes hurlantes direction le Cap vendredi soir. Heureusement que des locaux étaient restés pour éteindre les incendies », souligne-t-il, tout en mettant en avant l’aide apportée par de nombreux civils munis de citernes d’eau. Hervé est resté jusqu’au dernier moment pour arroser sa maison et son jardin pour éviter qu’elle ne brûle. « Quand j’ai vu les grosses flammes, je suis parti. Je suivais l’avancée du feu sur mes caméras de vidéosurveillances. Soudain, elles se sont arrêtées, je me suis dit que c’était fichu », rapporte-t-il. De retour sur place plus tard dans la nuit, cet habitant du Porge a finalement eu la bonne surprise de découvrir que sa maison était toujours debout.

« Mes poules ont grillé »

« J’en ai profité pour récupérer mon chat que j’avais oublié en partant dans la précipitation. Malheureusement, j’ai retrouvé deux de mes poules grillées », continue-t-il. Aujourd’hui, Hervé est inquiet : « On a peur de retrouver des morts », évoquant d’éventuelles personnes qui n’auraient pas évacué et seraient restées bloquées chez elles. Pour l’heure, ce feu historique n’a heureusement fait aucun mort. 88 sapeurs-pompiers ont en revanche été blessés en intervention.

Il est encore trop tôt pour savoir quand les habitants pourront regagner Le Porge. Viendra ensuite la question des indemnisations par les assurances pour ces villas estimées à plusieurs centaines de milliers d’euros : « Le retour va être brutal. Certains risquent de vriller », prophétise, amer, Hervé.

(*) Le prénom a été modifié.