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Allemagne : "Le Saxe-Anhalt devient le laboratoire de l'extrême droite en Europe", affirme Gilles Gressani

Gilles Gressani, président et cofondateur de la revue "Le Grand Continent", livre son analyse sur la victoire "historique" de l'AfD en Saxe-Anhalt, en Allemagne. Il y voit un "changement de fond très brutal", qui n'est "pas du tout anodin".

"Le Saxe-Anhalt est en train de devenir le laboratoire de l'extrême droite en Europe", affirme Gilles Gressani, président et cofondateur de la revue Le Grand Continent, sur France Inter, mardi 8 septembre, deux jours après la victoire de l'AfD dans ce lander allemand. Le parti d'extrême droite a récolté 44% des voix aux élections parlementaires locales. Il s'agit d'un "changement de fond très brutal", qui n'est "pas du tout anodin" du fait qu'il a lieu en Allemagne, analyse-t-il.

Cette élection "nous permet de faire émerger un nouveau clivage", estime Gilles Gressani. La "vague nationale-populiste mondiale" se divise en "deux formes très différentes", selon lui. D'un côté, "des forces d'extrême droite qui arrivent au pouvoir, qui essayent d'arriver au pouvoir avec l'ambiguïté, en jouant au fond le système, en jouant la normalisation, l'institutionnalisation". De l'autre, "des forces qui sont plutôt réactionnaires" comme aux États-Unis avec Donald Trump. "C'est la première fois dans l'histoire, c'est un écho d'ailleurs qui est un peu inquiétant quand on y pense, que l'extrême droite en Allemagne est soutenue par Moscou et par Washington en même temps", souligne le président du Grand Continent.

Des électeurs "radicalisés par l'intelligence artificielle"

La participation lors de cette élection est en "historique", note Gilles Gressani. Près de 78% des électeurs ont voté, soit 15% de plus que pour le dernier scrutin, en 2021. "Normalement quand on vote autant, l'extrême droite n'arrive pas au gouvernement, et donc là, c'est une rupture qui doit aussi nous interroger pour la séquence électorale qui vient en France", affirme-t-il. Selon les premières études, "ce sont ceux qui ne votaient pas qui ont voté pour l'AfD, ce sont donc ceux qui sont les plus difficiles à étudier d'un point de vue de sondage, de dynamique d'opinion".

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Pour Gilles Gressani, ces électeurs de l'AfD sont "aussi très probablement ceux qui sont radicalisés, ou en tout cas qui sont politisés par les réseaux sociaux et par l'intelligence artificielle". Selon lui, "quand l'agora disparaît, il y a des réseaux différents qui se remplacent, ce n'est pas pour rien que, évidemment c'est Elon Musk, un des grands soutiens de l'AfD, ce n'est pas pour rien que dans le programme de l'AfD, il y a effectivement la dislocation du service audiovisuel public, au fond la disparition du commun permet effectivement l'élaboration de stratégies de prise de pouvoir qui sont extrêmes et qui sont marginales". Et d'ajouter : "Aujourd'hui, le phénomène fondamental du populisme touche l'intelligence artificielle."