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France: face aux dégâts provoqués par la sécheresse, Sébastien Lecornu adresse une lettre ouverte aux agriculteurs

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, s'est adressé aux agriculteurs dans une lettre ouverte publiée dans la presse quotidienne régionale samedi 15 août. Réaffirmant son soutien au monde agricole, celui-ci y prend notamment la défense de la loi d'urgence agricole validée en fin de semaine par le Conseil constitutionnel dans sa quasi-totalité, malgré de nombreuses controverses écologiques. Il y promet aussi aides financières ciblées, allègement de charges et indemnisations aux exploitations les plus affectées par les canicules à répétition et la sécheresse.

Publié le : 16/08/2026 - 18:33Modifié le : 16/08/2026 - 18:35

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« Aucun agriculteur ne sera laissé seul. » Sébastien Lecornu l’assure dans une lettre ouverte au monde agricole publiée samedi 15 août dans la presse quotidienne régionale. « La réponse devra être rapide et forte », insiste le Premier ministre français alors que les vagues caniculaires et les nombreux incendies ont eu des conséquences catastrophiques sur les récoltes dans l'Hexagone cette année.

Dans certaines régions en effet, les producteurs céréaliers ont perdu plus de 80% de leurs récoltes et les maraîchers près de la moitié. En réponse, le chef du gouvernement leur promet une aide financière conséquente, à commencer par des indemnisations.

Indemnisations et baisses de taxes

En préambule, le chef du gouvernement défend la récente adoption de la loi d'urgence agricole qu'il leur avait promise malgré de nombreux débats soulevés sur plusieurs questions écologiques. Selon lui, le texte apporte « des réponses concrètes » aux problèmes des agriculteurs.

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« Tenir un engagement ne dispense pas pour autant de répondre aux nouvelles urgences », poursuit cependant le Premier ministre. Pour faire face à la canicule, celui-ci promet donc que des enveloppes ciblées seront distribuées aux préfets des régions touchées pour soutenir les trésoreries et la remise en production des exploitations affectées.

L'indemnité de solidarité nationale sera également « armée tant qu'il le faut » pour prendre en charge une partie des pertes. Les exploitations les plus fragilisées bénéficieront également d'une baisse de la taxe foncière et de cotisations sociales.

À plus long terme, le projet de loi de finances 2027 qui sera présenté fin septembre devrait également comprendre des mesures pour adapter la filière agricole aux changements climatiques.

« Je suis sidérée par le manque d'anticipation des politiques »

Reste que faute de majorité à l’Assemblée nationale, ces promesses restent incertaines, ce qui conduit Sébastien Lecornu à lancer un appel aux députés, les enjoignant à « prendre leurs responsabilités loin de toutes considérations politiciennes ».

Côté agriculteurs, cette lettre du Premier ministre suscite des réactions très mitigées. « Je suis sidéré par le manque d'anticipation des politiques », s’agace ainsi Olivier Ranke, agriculteur bio en Île-de-France, au micro d’Orianne Gendreau. « On est dans la continuité de la loi d'urgence agricole. On dit qu'on va prendre en compte le changement climatique et l'environnement, mais toutes les décisions vont à l'inverse », poursuit ce dernier.

Adoptée le 20 juillet dernier, la loi d'urgence agricole ouvre la porte à une utilisation temporaire de néonicotinoïdes jusqu'alors interdits, comme l'acétamipride. Le texte permet aussi de faciliter le stockage de l'eau pour l'agriculture et la construction controversée de méga-bassines.

« On parle de souveraineté alimentaire sans définir quoi que ce soit. Nous sommes en recul écologique sur toute la ligne, il n’y a aucune réflexion sur ce qu’est un système alimentaire durable », reprend l’agriculteur qui conclut : « Face au mur, on accélère ! ».

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