France: dans une volte-face, le Rassemblement national durcit le ton face à la Russie, qui nie toute «menace»
Des frictions apparaissent entre Moscou et le Rassemblement national. Alors que le parti de Marine Le Pen est depuis longtemps accusé de complaisance avec la Russie, la candidate à l’élection présidentielle de 2027 et son bras droit Jordan Bardella ont publié samedi 19 septembre un communiqué pour afficher une distance avec Moscou, qui ne peut « espérer dicter la politique » de la France « par l'intimidation ».
Publié le : 22/09/2026 - 01:00
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Accusés par leurs adversaires de complaisance envers Moscou et alors que le RN remet en cause le soutien financier à l'Ukraine, la candidate à la présidentielle Marine Le Pen et le président du parti Jordan Bardella ont publié un communiqué au ton très ferme. D’une rare fermeté à l’égard de Moscou, Marine Le Pen et Jordan Bardella dénoncent les intimidations et les actes hostiles de la Russie. Ils citent notamment la saisie d’actifs de sociétés françaises et européennes ainsi que la multiplication d’opérations menées sur le territoire de pays de l’Union européenne, dans une logique qualifiée en Europe de « guerre hybride ».
« Nous ne tolérerons jamais qu'une puissance étrangère, en l'occurrence la Russie, puisse espérer dicter directement ou indirectement la politique de notre pays par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique », écrivent-ils.
Ce communiqué intervient au lendemain d'une réunion lors de laquelle le président Emmanuel Macron s'est étendu sur la menace russe et les risques d'ingérences devant les chefs de parti et plusieurs candidats à la présidentielle de 2027. « Aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l'obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine », insistent les dirigeants d'extrême droite.
En déplacement samedi, Jordan Bardella a enfoncé le clou en dénonçant la « démarche hostile » de la Russie qui « sème la guerre » en Ukraine « dans ce qui est aujourd'hui une véritable boucherie ». Il a également accusé Moscou de « tester la solidité de l'Europe ».
Le Kremlin rejette les accusations
Le Kremlin a réagi ce lundi 21 septembre par la voix du porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov : « Nous sommes catégoriquement en désaccord avec de telles déclarations. Nous ne les acceptons pas. La Russie ne menace pas la France, ni aucun autre pays européen. »
Ces accusations ont une nouvelle fois été rejetées par Moscou. « Le président Poutine l'a répété à plusieurs reprises : nous n'avons aucun différend avec quelque pays européen que ce soit qui puisse donner lieu à de graves désaccords. Il n'y a ni menace ni chantage de notre part », a déclaré Dmitri Peskov.
Ces dénégations sont régulièrement accompagnées de mises en garde contre l’intensification de l’aide à l’Ukraine, ou de déclarations plus brutales émanant de voix moins modérées.
Habitué aux sorties tonitruantes, l’ancien président russe Dmitri Medvedev s’en est ainsi pris lundi soir au Rassemblement national, estimant qu’il était « devenu un parti européen ordinaire : russophobe et soutien des nazis de Kiev ».
Volte-face ?
Favorite des sondages pour la présidentielle, Marine Le Pen est régulièrement épinglée par ses adversaires pour des positions jugées conciliantes avec le président russe Vladimir Poutine.
Le ton du RN détonne avec des déclarations encore récentes. Au début du mois, le vice-président du RN Louis Aliot avait suscité un feu nourri de critiques en disant vouloir « couper le robinet » des aides à Kiev. Des propos que n'a guère atténués Marine Le Pen cette semaine, en affirmant que Paris ne pouvait plus appuyer l'Ukraine autant qu'actuellement en raison des finances publiques dégradées. « On peut continuer à former leurs soldats, leurs armées, on peut continuer à leur apporter du matériel pour pouvoir se défendre. Mais financièrement, nous ne pouvons plus », avait fait valoir celle qui avait été reçue au Kremlin en 2017.
En retour, l'ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron et candidat à la présidentielle, Gabriel Attal, a fustigé un « double discours insupportable et irresponsable » du RN. « "Couper le robinet" à l'Ukraine comme vous le souhaitez ne ferait qu'empirer la domination, et donc la menace, de la Russie. Y compris sur l'Europe et sur la France. Un communiqué de presse n'effacera rien de ce que vous êtes vraiment », a-t-il écrit sur X.
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