Fonction publique. Grève du 29 septembre : écoles, hôpitaux, transports... à quoi doit-on s'attendre ?
Enseignants, soignants, agents territoriaux, pompiers... Les trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière) sont appelés à la grève et à manifester ce mardi 29 septembre par l'ensemble des syndicats représentatifs : CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP. « C'est vraiment une colère que nous tenons à exprimer, et la journée du 29 septembre sera une journée noire », a affirmé Natacha Pommet, secrétaire générale de la Fédération CGT des services publics. Son syndicat recense quelque 170 lieux de mobilisation dans le pays, ouverts aussi aux salariés du privé.
Pour la première fois depuis 2018, les dix organisations syndicales de France Travail appellent à la grève, pour réclamer des hausses de salaire mais aussi dénoncer les effets de l'austérité sur le service public de l'emploi. L'intersyndicale hospitalière s'est jointe au mouvement, comme les syndicats de police Alliance, Un1té et Unsa, ressortis déçus d'une rencontre avec le ministre de l'Intérieur le 24 septembre. À Paris, une manifestation aura lieu entre la place de la République et la place de la Nation. Les pompiers, mobilisés depuis plusieurs jours après un été marqué par les incendies, y auront leur propre cortège, sans conséquence sur les secours.
La mobilisation « Bloquons tout » du 10 septembre 2025 avait réuni entre 175 000 et 250 000 manifestants en France, comme ici à Toulouse. Photo Sipa/Fred Scheiber
Écoles et transports : à quoi s'attendre ?
Aucune prévision n'était encore disponible lundi pour les écoles. Lors de la dernière grève unitaire de la fonction publique, le 5 décembre 2024, 26% des enseignants avaient cessé le travail et entre 130 000 et 200 000 personnes avaient défilé, selon les sources. Sur RMC, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a estimé que « les revendications doivent être entendues », tout en rappelant qu'un service minimum d'accueil est assuré dans les écoles maternelles et élémentaires dès lors qu'au moins 25 % des enseignants se déclarent grévistes.
Cantine et périscolaire ne sont pas garantis, et les collèges et lycées ne sont pas tenus d'accueillir les élèves. Dans les transports, la RATP annonce un trafic « normal » sur le métro et le RER, la SNCF un trafic normal sur les TGV et Intercités et « quasi normal » sur les TER. En Île-de-France, seuls les RER C, D et E et les lignes R et V du Transilien devraient être perturbés.
Le gel du point d'indice se prolonge
Au centre des revendications figure le point d'indice, qui sert à calculer le salaire de base des fonctionnaires. Depuis 2017, il n'a été revalorisé qu'à deux reprises, de 3,5 % en 2022 puis de 1,5 % en 2023, alors que l'inflation cumulée sur la période devrait atteindre 24,17 % fin 2026, selon l'Insee. Cette année, près de 862 000 agents, environ un sur six, ont perçu un salaire de base inférieur au Smic, compensé par une indemnité différentielle. Le 17 septembre, Sébastien Lecornu a pourtant annoncé un nouveau gel en 2027, le quatrième consécutif, qui doit permettre d'économiser 2 milliards d'euros. Une « véritable provocation » pour l'intersyndicale.
Le « gel » annoncé par le Premier ministre s'inscrit dans un effort budgétaire de près de 54 milliards d'euros. Photo Sipa/Pierre Teyssot
Ce gel s'inscrit dans un effort budgétaire d'environ 54 milliards d'euros, dont 45 milliards de mesures nouvelles, selon le ministre des Comptes publics, David Amiel. Hors défense et charge de la dette, les dépenses de l'État seront gelées en valeur. Les retraités seront mis à contribution à hauteur de moins de 6 milliards d'euros, selon des modalités que le Parlement devra trancher, et un gel des APL est jugé « possible ». Le gouvernement vise un déficit public de 5 % du PIB l'an prochain, contre près de 6,5 % sans ces économies, selon le Premier ministre. Le projet de loi de finances sera présenté jeudi en Conseil des ministres, jour où la CFDT a de nouveau rendez-vous avec le gouvernement, avant d'être examiné par les députés à partir du 13 octobre. « On jugera en fonction de ce qui est proposé », a prévenu lundi sur France 2 sa secrétaire générale, Marylise Léon, qui dénonce un « fonctionnaire bashing ».
Et après... vers un retour des gilets jaunes ?
La flambée des prix à la pompe pèse aussi sur le climat social. Sur fond de tensions au Moyen-Orient, le gazole a franchi la semaine dernière la barre des 2,40 euros le litre, un record historique, et Emmanuel Macron a demandé le 16 septembre une « totale mobilisation » du gouvernement sur l'approvisionnement et les prix. La question figure déjà dans certaines revendications : à la RATP, la CGT a déposé un préavis de grève illimitée à partir de lundi soir, réclamant notamment une prime carburant de 600 euros et la réouverture des négociations salariales. À la SNCF, Sud-Rail appelle à la grève jusqu'au 28 novembre pour obtenir ces négociations « sans attendre 2027 ».
Le 17 novembre 2018, le premier acte du mouvement des gilets jaunes avait rassemblé plus de 287 000 manifestants. Photo Sipa/Mourad Allili
Sur les réseaux sociaux, les appels à ressortir les gilets jaunes se multiplient depuis début septembre, et une date revient avec insistance : le samedi 17 octobre, au début des vacances de la Toussaint. Aucun syndicat ni parti ne les porte, même si le communiste Fabien Roussel, candidat à la présidentielle, a invité les Français à se mobiliser sur les ronds-points. Quelques rassemblements ont déjà eu lieu, avec peu de participants. À Marseille, après une première manifestation le 16 septembre, une vingtaine de gilets jaunes se sont retrouvés vendredi au rond-point de Saumaty, à l'Estaque, rapporte La Provence. Ils étaient cinq le 19 septembre à Bagnols-sur-Cèze (Gard), selon Midi Libre, et une dizaine samedi à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), d'après France 3 Hauts-de-France. Mi-septembre, une source proche des autorités évoquait auprès de l'AFP une « vigilance particulière », sans rien de « probant » à ce stade. Le 17 novembre 2018, le premier acte du mouvement avait rassemblé plus de 287 000 manifestants.