Fissures sur habitations à Mouscron : les rudes effets de la sécheresse constatés !
La canicule est derrière nous. Du moins en apparence. Car sous nos pieds, les stigmates de cet été exceptionnellement chaud pourraient, eux, continuer à faire des dégâts. La terre a souffert, s'est asséchée, s'est fissurée… et lorsque le sol bouge, ce sont parfois nos murs qui commencent à "parler" !
D'abord vérifier les égouts et les arbres
Sur le territoire de Mouscron, où les sols argileux sont particulièrement sensibles aux épisodes de sécheresse comme celui exceptionnellement vécu, les inquiétudes sont légitimes. Fissures dans les terrains comme sur les bâtiments, mouvements du sol… Les conséquences de plusieurs semaines de ces chaleurs intenses pourraient bien se prolonger longtemps après le retour de températures actuellement plus clémentes.
Arthur Renard, l'unique ingénieur en stabilité de l'entité, est aux premières loges pour observer le phénomène. Et une chose est certaine : les sollicitations ne manquent pas… "Face à l'apparition de fissures, le délai légal est de trois ans. Cependant, je n'ai jamais vu autant de sollicitations immédiates, consécutivement à la sécheresse vécue au cours de l'été. Je crée actuellement 2 à 3 dossiers par semaine", s'étonne toujours le professionnel depuis son bureau AR Ingénierie installé à Herseaux.

M. Renard doit faire preuve de pédagogie et rassurer immédiatement face à l'effroi. Des solutions existent afin de stopper la progression des fissures et elles sont souvent moins radicales que certains sinistrés ne l'imaginent…
"Certains me disent tout de suite : "Je veux un devis pour installer des pieux !" Je comprends qu'ils veulent que ce soit réglé tout de suite mais, au contraire, il faut prendre le temps de l'analyse. Non seulement, dans la majorité des cas rencontrés, il n'y a pas de risque d'effondrement immédiat – les pieux sont vraiment l'option ultime, le rempiétement et l'injection de résine expansive prévalent – mais, en plus et à l'instar de chez le médecin, il faut d'abord poser un diagnostic, rechercher la cause dont la sécheresse est souvent secondaire.
Il y a souvent un facteur extérieur aggravant qui, une fois réglé, a déjà une incidence positive sur la maison. On vérifie d'abord l'état de la structure des égouts où un souci est très facile à détecter. Par ailleurs, en cas de problème, il y a souvent un saule pleureur non loin qui peut pomper quotidiennement jusqu'à 400 litres d'eau ! En supprimant la perte d'étanchéité de l'égout (qu'on peut gérer nous-même via ma filiale de détection et de chemisage des égouts) et/ou en abattant des arbres, le problème se règle déjà".
Autre bonne nouvelle : vous n'avez souvent rien ou assez peu à débourser puisque les dégâts des eaux, même dans le sous-sol, sont susceptibles d'être pris en charge par l'assurance "Incendie", tandis qu'un jardinier s'occupera des arbres…
L'effet accordéon amplifié
C'est le "caractère gonflant" qui provoque les fissures : la terre se referme en hiver par l'humidité et se rouvre en été, tel un accordéon… mais qu'on aurait ouvert à l'excès à l'été 2026 !
"L'eau est souvent la cause des soucis mais l'épisode de cet été l'impacte : le sol imbibé, puis asséché à ce point n'a pu qu'amplifier la réaction du phénomène. Mais si c'est vraiment la sécheresse qui est la seule fautive et qui peut être révélée au travers de l'intervention d'un géotechnicien mesurant la résistance du sol, alors la loi de 2020 est interprétative. L'assurance "Habitation" prend en charge les dommages liés aux fissures mais pas l'amélioration ou le renforcement. Cependant, j'insiste : la sécheresse seule n'explique généralement pas l'importance des désordres observés…"
Comment réagir si vous êtes impacté ?
Que faire face à l'apparition de fissures qui serpentent ? On aurait tendance à logiquement appeler d'emblée sa compagnie d'assurances "mais il y a alors un risque que le dossier soit très vite clôturé, en prenant éventuellement une mauvaise direction".
Puisque la maison ne s'effondrera pas du jour au lendemain, l'option à privilégier selon M. Renard serait donc de faire établir en premier lieu un rapport par un ingénieur en stabilité. Document qui pourra alors être soumis par l'assuré à sa compagnie, afin d'étayer son dossier dès le départ. "L'ingénieur en stabilité est une sorte d'avocat technique. Ce rapport sera là pour aiguiller. L'avantage pour les sinistrés est que les honoraires d'un ingénieur déterminant l'une des trois causes – égout, arbre et/ou sécheresse – peuvent être pris en charge par l'assurance "Habitation" selon les garanties du contrat."
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