“Feu vert à l’amnistie totale” : Carles Puigdemont sur la voie d’un retour en Catalogne
C’est “la fin de la répression” du mouvement indépendantiste catalan, clame le quotidien espagnol Ara. Mardi 6 octobre, la justice d’outre-Pyrénées a accordé son “feu vert à l’amnistie totale” des dirigeants condamnés dans le cadre du processus avorté d’indépendance de la Catalogne, à l’automne 2017. Une nouvelle dont se réjouit Ara, qui l’affiche en première page de son édition, avec une photo de Carles Puigdemont.
L’ancien président de la région autonome catalane, exilé en Belgique depuis neuf ans − avec quelques allers-retours dans le sud de la France −, est l’un des grands bénéficiaires de cette décision. Plus rien ne l’empêche désormais de revenir sur sa terre d’origine. D’autres figures de l’indépendantisme catalan, “exilées ou ayant passé des années en prison”, sont également concernées, note Ara.
Malgré son long exil, Puigdemont continuait de peser sur la vie politique espagnole. À l’issue des élections législatives de 2023, les sept députés de son parti, Junts (centre droit indépendantiste catalan), se sont notamment avérés décisifs pour permettre au Premier ministre, le socialiste Pedro Sánchez, de rester en poste.
“Une excellente nouvelle” pour la Catalogne
En échange de leur soutien parlementaire, le gouvernement formé par le dirigeant madrilène a élaboré une loi controversée d’amnistie des indépendantistes catalans, laquelle est entrée en vigueur au printemps 2024. Or le Tribunal suprême avait refusé d’amnistier intégralement Puigdemont, estimant que le texte ne pouvait s’appliquer au délit de détournement de fonds visant le “fugitif”, comme l’appellent ses détracteurs.
Après plusieurs mois de bataille judiciaire, la justice européenne a validé la loi d’amnistie espagnole, en juillet dernier. Une validation confirmée par le Tribunal constitutionnel espagnol, mardi 6 octobre, et qui pousse le Tribunal suprême espagnol a levé le mandat d’arrêt pesant sur Puigdemont.
Ara ne sait pas encore quand il aura lieu, mais le quotidien assure que “le retour de Carles Puigdemont en Catalogne sera une excellente nouvelle qui contribuera à apaiser les tensions et à normaliser la vie publique” dans cette région du nord-est de l’Espagne.
Toutefois, prévient le journal indépendantiste, “la Catalogne de 2026 n’est plus celle de 2017”. Elle est aujourd’hui confrontée, comme le reste du pays, à “de multiples crises (du logement, énergétique, d’infrastructures, éducative…)”. Autant de sujets qui seront au cœur de la campagne pour les élections générales anticipées du 29 novembre.