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Fêtes de Wallonie : la bourgmestre de Namur, Charlotte Bazelaire, tacle les autres niveaux de pouvoir… sans les crampons (Photos)

Charlotte Bazelaire, la "bourgmestre en baskets", comme elle s'était surnommée elle-même l'an dernier, allait-elle sortir ses éperons pour un deuxième discours des Fêtes de Wallonie plus piquant ? Les Namurois présents en masse au parc des Arts, samedi en fin de matinée, étaient en droit de se le demander. D'abord parce que ceux-ci, comme bon nombre de citoyens, n'ont pas été ménagés ces douze derniers mois, en raison notamment des réformes prises à d'autres niveaux de pouvoir et qui ont directement impacté leur portefeuille. Ensuite, parce que les pouvoirs locaux ont eux aussi trinqué.

fêtes de Wallonie 2026 discours de la bourgmestre Charlotte Bazelaire
©EDA

Il fallait du cran pour s'aventurer sur ce terrain-là, devant un parterre d'officiels dont quelques-uns sont à l'origine des décisions qui fâchent, comme les ministres fédéraux David Clarinval (MR) et Maxime Prévot (Les Engagés). Celui-là même qui a mis le pied de Charlotte Bazelaire à l'étrier politique. Et parce que les partis de la majorité namuroise composent les attelages des niveaux de pouvoir supérieurs.

On n'écrira pas que les intéressés ont dû esquiver les coups, mais certaines allusions ont pu être interprétées comme l'expression d'une forme de ras-le-bol communal. Il était par exemple impossible pour Charlotte Bazelaire d'éluder l'impact de la réforme du chômage sur les finances du CPAS. "Un énorme budget supplémentaire à absorber", a-t-elle lâché. "Mais derrière les chiffres, il y a surtout des femmes et des hommes qu'il ne suffit pas d'accueillir ou d'indemniser. Le véritable enjeu est de pouvoir les accompagner. Leur permettre de retrouver un emploi lorsqu'ils le peuvent, de l'autonomie, une place dans la société."

La bourgmestre faisant fonction a insisté sur le fait que la solidarité ne peut pas s'arrêter aux frontières d'une commune ni reposer essentiellement sur celles qui concentrent les services. "Elle doit s'organiser à l'échelle d'un territoire, dans une logique de responsabilité partagée entre les villes et les autres niveaux de pouvoir. C'est tout l'enjeu : réformer, oui. Avancer, oui. Renier ses responsabilités, non. Déléguer de nouvelles missions aux villes et aux CPAS, oui, mais pas sans leur donner les moyens et les financements pour les assumer sur le long terme et l'avenir." On aurait presque dit du Prévot, du temps où il siégeait dans l'opposition.

Traditionnel discours de la bourgmestre de Namur, Charlotte Bazelaire.
Traditionnel discours de la bourgmestre de Namur, Charlotte Bazelaire. ©Eda - Florent Marot

Un tacle sans crampons, car Charlotte Bazelaire a aussi rappelé que, si les divergences existent, la cause est finalement commune, à tous les niveaux, y compris politiques. Et de faire le parallèle avec cette interprétation du Bia Bouquet, entonnée par 600 enfants la veille, sous le chapiteau de la place d'Armes. "Ils nous ont donné une jolie leçon. Leurs voix n'étaient pas toujours parfaitement accordées, et pourtant… elles étaient à l'unisson. Nous n'avons pas besoin d'être identiques pour construire ensemble. Nous avons juste besoin que cela nous prenne… aux tripes !"

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