Festivités à Arlon: le groupe PS-Citoyens propose de faire payer les commerçants: "Ils profitent des retombées économiques"
Conseil communal de rentrée jeudi soir à Arlon avec des conseillers qui auront mis 4 heures pour venir à bout de l'ordre du jour. Un ordre du jour allongé par quatre interpellations de la minorité. Du côté du PS-Citoyens, c'est France Verdure qui a interrogé le collège sur le modèle économique des grandes manifestations arlonaises. "Les coûts sont supportés par les contribuables à travers les subsides communaux, la mise à disposition du personnel communal, du matériel... Dans le même temps, les retombées économiques générées par ces événements profitent aux commerçants situés à proximité immédiate, notamment autour de la place Léopold. Ce n'est pas une critique et c'est normal. Mais seuls les commerçants qui installent un stand ou étendent leur terrasse paient 9 € par mètre carré."
Mais la conseillère, qui cite les Fêtes du Maitrank ou encore la retransmission des matchs de la coupe du Monde de foot, propose tout de même de faire participer les commerçants aux frais engendrés, de répartir géographiquement les événements et demande davantage de transparence sur les dépenses.
"Que proposes-tu ? interroge à son tour le bourgmestre. Je ne vois pas quel modèle économique mettre en place. Je t'invite à revenir avec un modèle économique applicable." Pour les matchs de foot, Vincent Magnus précise : "C'est un bon exemple. On a envoyé à l'ensemble du monde horeca une lettre demandant de participer. Le nombre de réponses reçues ? Zéro. On a dû revoir nos prétentions à la baisse avec une demande de 1500 euros. On a reçu une seule réponse !" Quant au coût de ces retransmissions : "Ça coûte quelques dizaines de milliers d'euros mais c'est aussi le rôle d'une ville d'organiser des manifestations et de mettre un peu d'argent public."
"C'est la Ville qui prend les risques"
Guillaume Saussez, conseiller MR et organisateur d'événements intervient : "Bravo aux investissements communaux sinon il ne se passerait pas grand-chose. Il faut rester attentif au fait que cet investissement fait par les villes et les retombées économiques chez les investisseurs privés soient équitables. Il faut que les commerçants contribuent à la juste valeur de ce qu'ils gagnent. L'événementiel coûte de plus en plus cher, personne ne répond parce qu'il fait prendre des risques. Aujourd'hui c'est la Ville qui prend les risques. Les commerçants ne doivent pas toujours être là quand tout est servi sur un plateau."
"Je suis énervé d'entendre que les commerçants ne prennent pas de risques", lance le bourgmestre et échevin du Commerce.
Benjamin Sigard, conseiller Arlon 2030 et commerçant arlonais, intervient à son tour. "On va demander aux commerçants qui ont des retombées leur chiffre d'affaires et leur demander une participation financière ? Je ne sais pas si c'est une bonne façon de soutenir les commerçants. Ils ont vécu 4 ans de travaux sur la place Léopold."
Alain Deworme (MR) défend l'idée que "les commerçants fassent leur beurre plusieurs week-ends quand le reste de l'année est calme. On paie beaucoup de taxes en Belgique". Didier Laforge (Arlon 2030), échevin des Fêtes et Animations estime que l'on fait "tout un tabac sur les fêtes du Maitrank. Il est impossible d'être à l'équilibre. Ou alors on rend l'événement payant. Ou on augmente la part des commerçants. On doit regarder l'ensemble des manifestations. certaines, comme la patinoire, engendrent des bénéfices. Dans la globalité de tout ce qui est organisé,il y a un peu de bénéfice au final."
Faire entrer les représentants politiques au sein de l'organe de l'Office du Tourisme
À l'autre question du PS-Citoyens sur le manque de visibilité entre les organisateurs d'événements sur Arlon que sont la Ville, Gestion Centre-Ville ou encore l'Office du Tourisme, le bourgmestre a rappelé le rôle de chacune de ces entités et leur mode de fonctionnement. "Chacune a ses missions mais elles ne sont jamais loin l'une de l'autre", note l'échevine Anne Lamesch (Arlon 2030). "Ce qui compte c'est le résultat, l'image que l'on donne de la ville. Les gens sont contents. On doit casser l'image d'Arlon ville morte", se défend Didier Laforge , président de l'Office du Tourisme.
Ce dernier propose de faire entrer des représentants de chaque groupe politique au sein de l'Office du Tourisme par souci d'ouverture et de transparence. Romain Gaudron (Écolo) souligne "l'excellent travail mené par l'ASBL Office du Tourisme" et se réjouit de cette ouverture aux partis politiques.
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