Fait divers. « Il m’a insulté et a menacé de me frapper » : course-poursuite en voiture dans les rues de Dijon
« Quelqu’un m’a volontairement percuté avant de me poursuivre dans les rues de Dijon. J’ai vraiment cru qu’il allait me frapper. » Lundi 20 juillet vers 20 heures, Arthur Groux a vécu une scène de violence routière particulièrement marquante.
Après un accrochage sur la rocade de Dijon, un automobiliste l’a pris en chasse jusqu‘à la caserne de gendarmerie de l’avenue Joffre. Sa voiture porte encore les stigmates de cette altercation : rétroviseur endommagé, carrosserie rayée et jante abîmée.
La voiture d’Arthur Groux, après qu’un chauffeur l’a volontairement percuté sur la rocade, avant de le poursuivre dans Dijon. Tout l’avant droit de la carrosserie est éraflé. Photo Marie Corcelle
« Quelqu’un m’a volontairement percuté »
Ce soir-là, Arthur Groux circule sur la rocade avec sa compagne lorsqu’un véhicule arrive rapidement derrière lui. « Il me collait à l’arrière. J’ai tendu le bras pour lui faire signe de reculer et j’ai mis deux ou trois petits coups de frein. Dès que j’ai pu, je me suis rabattu sur la voie de droite », raconte-t-il. Selon le jeune homme, le conducteur d’un imposant 4 x 4 noir le dépasse alors par la bande d’arrêt d’urgence avant de se rabattre brusquement devant lui. « Il m’a volontairement percuté. Ensuite, il m’a insulté et menacé de me frapper. » Ne sachant pas comment réagir, le jeune homme appelle immédiatement le 17. Les policiers lui demandent alors, si la situation le permet, de tenter d‘établir un constat. Mais le conducteur quitte finalement la rocade et s’en va.
La voiture d’Arthur Groux, après qu’un chauffeur l’a volontairement percuté sur la rocade. Tout l’avant droit de la carrosserie est éraflé. Ici, un morceau de plastique arraché, au-dessus de la jante, fichue. Photo M. Co.
Direction la gendarmerie
L’histoire ne s’arrête pas là. Un peu plus loin, Arthur et sa compagne aperçoivent dans le rétroviseur le même véhicule arrivant à toute allure : « Je vois l’agressivité sur son visage. Je suis totalement paniqué, j’ai peur. » À hauteur de l’avenue de Langres, le conducteur lui fait une queue de poisson. Arthur Groux garde les policiers en ligne, met son téléphone sur haut-parleur et baisse sa vitre. « Les forces de l’ordre avaient identifié le conducteur grâce à sa plaque d’immatriculation et essayaient de le calmer. En retour, je n’ai eu droit qu‘à des insultes et des menaces. » Lorsque l’homme tente de sortir de son véhicule, le jeune homme fait marche arrière et s‘échappe. « Moi, je ne suis pas quelqu’un de violent. J’ai préféré partir. »
S’ensuit une poursuite dans les rues du quartier de la Toison-d’Or. Connaissant le secteur, le jeune homme décide de rejoindre la caserne de gendarmerie de l’avenue Joffre : « Je me suis dit que c‘était le meilleur endroit où aller me réfugier. » Une décision qui ne semble pas décourager le conducteur, qui continue de le suivre. Arrivés à la caserne, l’homme cherche à en découdre, insulte et menace de nouveau Arthur Groux. Un gendarme intervient et parvient à l’isoler pendant quelques minutes avant son départ. Contactée, la gendarmerie confirme son intervention ce soir-là.
La voiture d’Arthur Groux, après qu’un chauffeur l’a volontairement percuté sur la rocade. Photo M. Co.
Une plainte déposée au commissariat de police
Sur les conseils des gendarmes, Arthur Groux dépose ensuite plainte au commissariat de police. En parallèle, il publie une vidéo sur les réseaux sociaux, qui cumule aujourd’hui plus de 200 000 vues, dans laquelle il raconte sa mésaventure. « C’est pour obtenir d‘éventuelles images de dashcam (des caméras embarquées en voiture, NDLR), parce que malheureusement, beaucoup trop d’affaires de ce style sont classées sans suite. Moi, je souhaite que justice soit faite et que la personne ne recommence jamais. Je suis un jeune homme dans la vingtaine, j’arrive à bien réagir, mais ça aurait très bien pu être une mamie ou une maman avec un berceau à côté. »
Malgré un événement loin d’être anodin, il a su garder la tête sur les épaules, et salue le sang-froid de sa compagne, qui était passagère lors de l’altercation : « Elle est plus terre à terre que moi, elle a très bien réagi. » Toutefois, il reconnaît appréhender de recroiser le chauffard : « Qu’il me reconnaisse, ce qui pourrait se passer ensuite. C’est fou que certains n’arrivent pas à se contrôler, c’est une pulsion un petit peu bestiale. Il faut se modérer. » Maintenant, le jeune homme doit prendre son mal en patience, en espérant que la plainte soit traitée, et que l’auteur des violences soit poursuivi.