Face à l'empire McDonald's, les petites friteries ont leurs arguments : "Les Belges cuisinent moins qu'autrefois"
Bernard Lefèvre décroche vite son téléphone. Même en plein été. La frite, le président de l'Unafri, l'Union nationale des frituristes, pourrait en parler des heures. "C'est d'ailleurs une de nos spécialités en Belgique : la cuisson, la sauce, le cornet… on peut en débattre sans se lasser. Cela fascine nos voisins."
Chiffres à l'appui, il note que le nombre de friteries indépendantes demeure stable depuis 25 ans. L'Unafri en compte 4600 en Belgique, selon cette définition : une friterie c'est l'endroit où la première chose que vous commandez sont des frites et où tout le reste (fricandelles, Poulycroc…) n'est que de l'accompagnement. Cela les différencie des restaurants, kebabs, fast-food… qui proposent d'autres produits de base. Selon ce critère, 96 % de la population belge se rend au moins une fois par an dans une friterie, évalue encore l'Unafri. Le cornet, quoi qu'on en dise, reste populaire.
Un trafic des fricadelles clandestines à destination de la Belgique démantelé dans le nord de la France"On a tous une friterie préférée"
"En réalité, notre part de marché diminue, mais le marché, lui, continue de grandir. Pourquoi ? Parce que les Belges cuisinent moins qu'autrefois. Ma grand-mère savait dès le lundi matin ce que nous mangerions le jeudi soir. Aujourd'hui, combien de personnes, à 18 heures, ne savent toujours pas ce qu'elles vont souper ? Elles ne se tournent évidemment pas toutes vers la friterie. Celle-ci fait face à davantage de concurrents qu'avant : surgelés, sushis, kebabs, pizzas… Mais dans ce marché des repas de dernière minute, elle continue d'attirer."
L'avènement de McDonald's dans les campagnes belges ne fait donc pas peur outre mesure à Bernard Lefèvre. Les frit-kots gardent leurs atouts : la saveur des frites artisanales, ainsi que la convivialité. La friterie c'est un lieu qui rassemble de nombreux milieux sociaux, où l'on retrouve le ou la frituriste qui vous connaissait enfant et qui connait vos enfants, assure en substance Bernard Lefèvre. "De Lisbonne à Helsinki, Un McDo est un McDo. C'est la force de la chaîne. Mais de friterie, on en a tous une préférée, parce qu'on y aime la cuisson, la sauce, l'ambiance…"
McDonald's : une résistance à toute épreuve ?Aux yeux du représentant du secteur, telles sont les forces des petites friteries auxquelles ne peuvent prétendre le grand capital ni les empires marchands. "Alors oui, bien sûr, certains Belges iront de temps en temps au McDo, mais ils retourneront aussi en friterie."
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