Fabrication, écologie, évolutions,... Les secrets des pneumatiques en Formule 1
On ne peut pas rater son célèbre logo rouge sur fond jaune aux abords des circuits. La Formule 1 est une affaire qui roule chez Pirelli. En 2011, le manufacturier de pneumatiques italien a obtenu la fourniture exclusive de toutes les écuries et n'a jamais lâché ce monopole depuis.
Mais avoir ce prestige n'est pas quelque chose que le marchand de matelas et de calendriers prend à la légère.
Protégé de McLaren, le jeune Belge Dries Van Langendonck rejoint le management de Max Verstappen"Nos pneus F1 sont fabriqués en Roumanie, dans une usine entièrement consacrée à nos activités en sports mécaniques, nous a expliqué Dario Marrafuschi, directeur de la compétition chez Pirelli. Le processus de fabrication est spécifique. La plupart des matériaux utilisés sont communs à ceux utilisés pour les pneus routiers, mais avec des dosages différents."
De nos jours, il est de bon ton qu'une entreprise soit eco-friendly. Alors que les pneus sont une source connue de pollution invisible, Pirelli ne déroge pas à la règle avec la création de pneus plus "verts".
"Pas uniquement sur le processus de fabrication mais aussi sur la recherche de matériaux, poursuit Dario Marrafuschi. Par exemple, l'électricité utilisée pour la fabrication provient d'énergies 100 % renouvelables. Nous n'utilisons plus d'avions-cargos pour transporter nos pneus. Le caoutchouc employé est certifié durable. L'objectif est d'arriver vers la neutralité carbone pour 2030."
guillementIl serait impossible de courir avec les pneus 2025 sur les voitures 2026.
2026 a été synonyme de remise à zéro pour la Formule 1. Du côté des Transalpins, il a fallu aussi suivre le mouvement avec une nouvelle génération de gommes.
"Les matériaux utilisés sont différents vu que la F1 a fait sa révolution avec de nouveaux moteurs et une nouvelle philosophie aérodynamique. Les pneus sont plus petits que l'an dernier. En F1, modifier la hauteur de la voiture d'un minuscule millimètre chamboule totalement sa performance. Si vous avez des pneus de dimensions différentes, c'est un changement massif. Si vous mettez les pneus 2025 sur les voitures actuelles, la performance ne sera pas du tout la même. Il serait impossible de courir avec."
Trois types de pneus par GP
Pour chaque week-end de course, Pirelli pioche en réalité dans un "menu" de pneus établi avant chaque saison. Il y a les gommes dures à flancs blancs, les gommes médiums à flancs jaunes et les gommes tendres à flancs rouges. Mais c'est plus subtil que ça.
"Pour les pneus pour piste sèche, nous avons cinq spécifications différentes par saison. Nous n'en reprenons que trois à chaque Grand Prix. Leur dénomination va de C1 à C5. Le pneu C1 désigne le pneu le plus dur, ce qui signifie qu'il sera moins performant mais qu'il sera plus résistant. Le C5 est a contrario plus efficace mais s'use plus rapidement. À Spa-Francorchamps, nous utilisons les composés C2, C3 et C4. Nous amenons les pneus qui conviennent le mieux à la nature de chaque circuit afin d'offrir plus d'options stratégiques et des courses plus animées. Par souci d'équité sportive, nous décidons seuls quels pneus nous amènerons. Les équipes n'influent pas sur nos décisions."

Exerçant un monopole et faute d'un rival en face pour le stimuler, on pourrait croire que Pirelli se repose sur ses lauriers. Une affirmation "à la gomme".
"Les technologies à notre disposition ont évolué massivement depuis nos débuts en F1 il y a 15 ans, que cela soit pour le processus de fabrication, les matériaux employés, l'ingénierie, le dessin des pneus,… Voilà pourquoi nous sommes en F1, pour l'avancée technologique. La Formule 1 est la compétition où les pneus sont les plus mis à rude épreuve. Être là uniquement pour avoir nos logos sur les voitures et les panneaux publicitaires ne nous intéresse pas."
Après un Grand Prix, les pneumatiques sont reconvertis d'une façon bien particulière et plus proche de nous qu'il n'y paraît.
"Quand les pneus des F1 sont en fin de vie, nous les récupérons parce que ce sont des produits confidentiels. Nous voulons éviter les fuites de technologie. Nous les détruisons et leurs résidus sont ensuite utilisés pour la grande industrie. Ainsi, quand vous marchez sur un nouveau trottoir, vous marchez peut-être sur d'anciens pneus de F1 !"
Et vous vous direz que vous êtes vraiment tout proche des gommes avec lesquels un Norris est devenu champion du monde.
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