Expatrié au Pérou, l'Orp-Jauchois Jan Goris revient pour tenir une promesse
Expatrié au Pérou, l'artiste Jan Goris est rentré en Belgique pour tenir une promesse: restaurer l'église de Poucet, sur la commune de Hannut (Liège). "Elle va fêter ses 100 ans. J'avais remis un devis pour les vitraux de l'église il y a deux ans, avant de décider de m'expatrier au Pérou, raconte-t-il.Quand ils ont appris que je partais, ils m'ont demandé de ne pas les laisser tomber. Je suis donc revenu pour eux."
Il en profite également pour participer à l'exposition d'une amie à lui, dans une ferme-château située à Tinlot (Liège). "J'avais réalisé un grand vitrail pour elle. Elle vient d'ouvrir une galerie d'art, ce n'est que sa deuxième exposition. Elle m'a dit que vu que j'étais en Belgique, je pouvais en profiter pour présenter mes toiles. J'en avais laissé ici et j'en ai ramené du Pérou", explique le Jauchois de 69 ans.
Une maison dans la vallée sacrée des Incas
Une parenthèse, avant de retourner vers l'Amérique du Sud. "J'ai déjà vécu au Pérou de 2010 à 2015, avant de revenir en Belgique pour les études de mon fils et ma famille. Mon ex-femme voulait absolument s'y rendre pour travailler avec des chamanes, dans le cadre de sa profession de thérapeute. Ce n'était pas mon idée, à la base, mais je suis tombé amoureux du pays."
À tel point qu'il s'est acheté une maison là-bas, dans un endroit bien particulier. "C'est à Urubamba, dans la vallée sacrée des Incas, entre Cuzco et le Machu Picchu. C'est la grande capitale des Incas. J'y suis arrivé par hasard. On avait trouvé une propriété sur internet, depuis la Belgique. Sur place, on a aimé la ville, qui se trouve au milieu de la vallée sacrée, entourée de sites archéologiques, mais on a finalement acheté une autre maison. Quand des amis viennent me rendre visite, j'en profite pour leur montrer la région."
Le jour et la nuit par rapport à Orp-Jauche. Jan Goris vit désormais à 2 800 mètres d'altitude, dans la cordillère des Andes. "C'est un endroit très ensoleillé, il fait beau toute l'année. Il y fait 25 degrés, mais l'air est frais. Ce décor m'inspire, avec ses belles montagnes et sa douceur. Il y a nettement moins de stress. Mes œuvres sont plus épurées."
"Plus simple, plus de liberté pour créer"
Il apprécie tout particulièrement le mode de vie."À 16 ans, j'ai mené une étude sur mon village. À l'époque, il y avait 67 commerces à Jauche et une soixantaine de fermes. Tout le monde vivait à Jauche, il y avait tout ce qu'il fallait. Mon père, par exemple, était meunier. Le grain récolté dans les champs autour de Jauche arrivait au moulin et la farine repartait vers les boulangeries du village, relate-t-il.Maintenant, elle provient d'Ukraine, dont nous sommes dépendants. On a cassé tous ces petits commerces en installant de grands centres commerciaux. Au Pérou, il y a encore de petits magasins. Les gens vivent, tout est plus facile. Ce sont des petites choses qui me plaisent. On voit des vendeurs dans la rue, qui proposent leur petite production. C'est nettement plus spontané et simple. On demande de l'aide à son voisin et on le rétribue. Pas besoin de passer par un tas de procédures…"
Il estime qu'il y a dans son pays d'adoption plus de liberté pour créer, monter une petite affaire."Il n'y a pas trop de contrôles ni de taxes. Alors qu'en Belgique, les multinationales reprennent tous les commerces de proximité pour les empêcher de prospérer."
Le Jauchois se sent nettement plus détendu dans son nouveau lieu de vie: "Les rues sont pleines de gens, à toute heure de la journée. C'est joyeux. On se promène avec légèreté. Attention, les gens sont aussi très sympathiques en Belgique, je ne dis pas le contraire. Je trouve juste que le cadre est plus agréable au Pérou."
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