Qui est le « héros » qui a abattu le tireur dans une école de l’Oregon ?
C’est un père de famille de 36 ans a mis fin à une fusillade dans une école primaire de l’Oregon, jeudi, en abattant un adolescent qui venait de tuer quatre personnes. Identifié comme Kaylub Giamanco, cet habitant de Bend a été qualifié de « héros » par Donald Trump et la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby américain des armes. L’attaque, survenue à l’école Silver Rail Elementary, a coûté la vie à trois enfants de 5, 8 et 11 ans ainsi qu’à une enseignante. Deux autres personnes ont été grièvement blessées. Steven Cook, responsable des autorités scolaires de Bend a, par ailleurs, indiqué vendredi que l’adolescent, identifié comme Griffin John, était un ancien élève d’une classe d’éducation spécialisée de l’établissement.
Kaylub Giamanco rentrait chez lui pour déjeuner lorsqu’il a entendu des coups de feu. Selon NBC News, qui a interrogé son frère Kyle, ce charpentier a aperçu le tireur pénétrer dans l’école où sont scolarisées ses deux filles. Titulaire d’un permis de port d’arme dissimulée, il a poursuivi l’adolescent à l’intérieur du bâtiment. Le suspect se dirigeait vers une salle accueillant des élèves en situation de handicap lorsqu’il l’a abattu, avant l’arrivée des policiers.
Il ne veut pas s’exprimer publiquement
Le père de famille refuse pour l’instant de s’exprimer publiquement. Son frère a confié à NBC News qu’il restait profondément marqué par les enfants qu’il n’avait pas pu sauver et éprouvait un sentiment de culpabilité. Dans un communiqué relayé vendredi par CBS News, sa famille a précisé qu’il ne recherchait aucune reconnaissance et souhaitait remercier les secours et le personnel de l’école.
A Washington, Donald Trump a salué son intervention. « C’est une situation terrible, mais heureusement il y avait un homme qui avait une arme et savait s’en servir », a déclaré le président américain. La NRA a également réagi, estimant que cette fusillade constituait « un nouveau rappel de l’importance d’avoir des citoyens respectueux des lois et armés ». L’organisation y voit une « illustration de l’héroïsme des citoyens ordinaires ».
Par ailleurs, le chef de la police de Bend, Mike Krantz, a également rendu hommage au « véritable héroïsme » d’une enseignante qui a « jeté son téléphone portable sur le suspect et a lutté avec lui pour lui prendre son arme ». « Elle n’a pas été blessée mais a très certainement contribué à empêcher une plus grande effusion de sang », a-t-il dit.
Le débat sur les armes encore relancé
Ces déclarations ont provoqué la colère des associations favorables à un contrôle plus strict des armes. « La NRA veut que vous vous focalisiez sur comment cela s’est arrêté, mais il vaudrait mieux se concentrer sur comment cela a commencé : un système qui a permis qu’une arme à feu tombe entre les mains d’une personne de 16 ans », a dénoncé sur X le mouvement « March For Our Lives », né après la tuerie de Parkland, en Floride, en 2018. L’association Giffords a également réagi : « La crise de la violence par arme à feu tue nos enfants. Assez ».
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La fusillade de Bend relance encore une fois le débat sur la réglementation des armes aux Etats-Unis, où leur nombre dépasse celui des habitants. Le Deuxième amendement de la Constitution protège le droit de posséder et de porter des armes. En décembre, la Cour suprême, à majorité conservatrice, doit examiner la possibilité pour les Etats et les collectivités locales d’interdire certains fusils semi-automatiques de type AR-15, en raison de leur dangerosité.