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États-Unis. Affaire Cornell : suspension des événements organisés par les fraternités à l'université

Après la polémique autour du viol en réunion d’une étudiante, l'université Cornell a annoncé ce mardi suspendre pour le reste de l'année scolaire les événements organisés par les associations étudiantes masculines.

La rédaction avec AFP -

Aujourd’hui à 19:44 | mis à jour aujourd’hui à 21:42

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Digiteka PlaceHolder

L'université Cornell a annoncé mardi la suspension des fêtes organisées par les fraternités, les associations étudiantes masculines, jusqu'à la fin de l'année universitaire, après l'indignation suscitée aux États-Unis par des accusations de viols en réunion sur une étudiante.

« Ces mesures permettront de disposer du temps nécessaire pour mener un examen approfondi de la vie au sein des fraternités à Cornell, afin de déterminer si et comment celle-ci peut se poursuivre en toute sécurité », a déclaré le président de l'université, Michael Kotlikoff, dans un communiqué. Il s'est dit « profondément désolé du préjudice subi » par la victime « et horrifié qu'un tel acte de violence sexuelle ait eu lieu au sein de la communauté de Cornell ».

Une culture du viol dénoncée

L'affaire a éclaté le mois dernier, lorsqu'une ancienne étudiante a saisi la justice civile. Âgée de 20 ans au moment des faits, en 2024, elle affirme avoir été violée par sept étudiants, membres de la fraternité Chi Phi, alors qu'elle avait consommé de l'alcool et de la kétamine. Ces révélations ont déclenché une vague d'indignation sur le campus de Cornell et au-delà, beaucoup y voyant l'emblème d'une culture propre aux fraternités dans les universités américaines.

Elles ont aussi valu de vives critiques à la prestigieuse institution ainsi qu'aux procureurs, qui n'avaient engagé aucune poursuite contre les auteurs présumés en 2024, malgré une première plainte de la victime. Une enquête a depuis été rouverte et des poursuites sont envisagées. Après les faits, Cornell avait fermé la fraternité concernée et suspendu temporairement les étudiants mis en cause, dont deux ont ensuite été exclus définitivement. Une enquête externe indépendante, confiée à l'ancienne procureure générale adjointe des États-Unis Sally Yates, examine par ailleurs la gestion de l'affaire par l'établissement.

Une mobilisation sur le campus et en ligne

La semaine dernière, quelques milliers d'étudiants et de membres du personnel se sont rassemblés sur le campus pour réclamer justice pour la plaignante, avec des pancartes appelant notamment à protéger les survivantes de viols et d'agressions sexuelles. Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs lui ont apporté leur soutien avec le hashtag #IAmJaneDoe, du nom du pseudonyme utilisé dans les procédures judiciaires pour préserver l'anonymat d'une femme, comme dans cette affaire.

Le phénomène dépasse largement Cornell. Selon une étude publiée en 2020 par l'Association des universités américaines et portant sur 33 établissements, un quart des étudiantes de premier cycle déclaraient avoir subi un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement.