EssilorLuxottica rachète Lynx, la startup française spécialiste de la réalité virtuelle
Longtemps présentée comme l’alternative européenne à Meta et Apple dans la réalité virtuelle/mixte, la startup française Lynx a été rachetée par le géant des lunettes EssilorLuxottica, qui fabrique aussi les Ray-Ban Meta, quelques mois après sa liquidation judiciaire. Son fondateur Stan Larroque quitte l’aventure et rejoint Parrot.
C’est la fin de l’aventure Lynx. Stan Larroque, fondateur et patron de la startup de réalité virtuelle que Numerama avait rencontré en 2022, annonce le rachat de sa startup par EssilorLuxottica, le propriétaire franco-italien de Ray-Ban et le constructeur derrière les lunettes connectées de Meta. Selon le média Road to VR, l’information a été officialisée par Lynx dans un mail envoyé à ses contributeurs Kickstarter le 16 juillet. Numerama est en mesure de confirmer l’information : Lynx n’est plus une entreprise indépendante.
Le rachat porte sur la quasi-totalité des actifs de Lynx : la propriété intellectuelle, la marque, le nom de domaine, le code, les bases de données, les fichiers de conception 3D et le savoir-faire industriel. La plupart des salariés rejoignent EssilorLuxottica. Stan Larroque, de son côté, rejoint Parrot, le fabricant français de drones, pour y occuper un poste de direction aux côtés du fondateur Henri Seydoux.
Dans son mail, Stan Larroque présente ce départ comme une décision commune et défend un rachat qui maintient Lynx en Europe. « C’est une réussite que l’entreprise que j’ai créée puisse continuer avec les ressources d’un grand groupe, et en France », écrit-il, avant de remercier ses équipes, ses clients et ceux qui ont cru en Lynx « quand tout était à construire ».
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De l’alternative européenne au rachat par EssilorLuxottica
Fondée en 2019, Lynx s’est fait un nom en 2021 avec une campagne Kickstarter pour son premier casque autonome, le Lynx-R1, qui a récolté plus de 800 000 dollars. Les équipes de la marque fabriquaient alors le casque en interne, malgré la complexité des technologies optiques. Une de ses particularités était de pouvoir être soulevé avec un système de visière, permettant la réalité mixte et la réplique du monde réel avec des caméras.
Le discours de Lynx a longtemps séduit et a été repris dans la presse généraliste. L’entreprise était une des rares startups européennes capables de concevoir un casque de réalité mixte indépendant des géants américains et chinois. Mais Lynx est restée sous-capitalisée. L’entreprise a plafonné autour de 6 millions de dollars levés, une somme dérisoire pour un fabricant de matériel. Lynx a aussi connu de nombreux retards : ses produits ont mis beaucoup de temps à être livrés.

La chute s’est accélérée en 2026. Le successeur du R1, le Lynx-R2, a été annoncé en début d’année, mais n’est jamais sorti. En mars, après l’échec d’un plan de restructuration, le tribunal des activités économiques de Nanterre a placé SL Process, la maison mère de Lynx, en liquidation judiciaire.
EssilorLuxottica rachète Lynx… avec l’ombre de Meta ?
Le lancement du Lynx-R2 paraît désormais improbable. EssilorLuxottica fabrique déjà les Ray-Ban Meta et les Oakley Meta : on imagine mal l’entreprise miser sur la réalité mixte. Les lunettes sont sans doute sa priorité : le franco-italien pourrait se servir du savoir-faire de Lynx sur les technologies optiques pour préparer les futures lunettes avec écran ou concevoir des produits B2B.
On peut d’ailleurs s’interroger sur le rôle de Meta dans ce rachat. Le groupe de Mark Zuckerberg détient une partie d’EssilorLuxottica et, avec ce rachat, voit un concurrent des casques Meta Quest tomber dans son cercle proche. Un rachat par un groupe français est certainement plus logique que par un géant américain… mais Meta fait-il partie des décisionnaires ?. EssilorLuxottica dépend aujourd’hui de Meta pour le logiciel, l’IA et ses lunettes connectées : Lynx va-t-il basculer dans l’écosystème Meta ?
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