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ENTRETIEN. Loi d'urgence agricole : le député Jean-René Cazeneuve répond aux critiques et défend un texte de "compromis"

l'essentiel Les parlementaires réunis au sein de la commission mixte paritaire (CMP) sont parvenus, le 16 juillet dernier, à un accord sur le projet de loi d'urgence agricole. Le député Renaissance de la 1re circonscription du Gers, Jean-René Cazeneuve, a pris part à ces travaux en tant que rapporteur du texte.

En tant que rapporteur du texte, vous affirmez que la loi d’urgence agricole est un compromis solide ?

C'est un texte essentiel de soutien aux agriculteurs, avec 77 articles, qui contiennent tous des mesures très attendues dans le monde agricole. La transition, le changement climatique, tout ça fait qu'il est crucial aujourd'hui que le pays soit soudé derrière ses agriculteurs pour assurer notre souveraineté alimentaire. C'est là tout l'enjeu de cette loi. Les 77 articles s'appuient vraiment sur les attentes très précises des agriculteurs.

Certains syndicats, notamment la Confédération paysanne, critiquent la loi. Les agriculteurs gersois s'y retrouveront-ils ?

Je ne suis pas d'accord avec cette critique. Les agriculteurs du Gers ont besoin de retenues d'eau, et le texte les favorise. Rien que sur cet aspect, il est très adapté à leurs besoins, même s'il y a d'autres mesures. L'article 1 sur les projets agricoles colle très bien à la réalité du Gers. Il y a aussi la question des bâtiments d'élevage : certains agriculteurs du Gers attendent de pouvoir les agrandir, et le texte répond à cela. Je réfute complètement l'idée que la loi ne tiendrait pas compte de notre agriculture. J'ai auditionné tous les syndicats, sans exception. Alors oui, il y a débat, mais tous les syndicats ont été écoutés.

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Le projet divise jusque dans votre majorité, notamment sur l'acétamipride. Que répondez-vous à ceux qui parlent d'un retour en arrière sur ce pesticide ?

Beaucoup de désinformation circule à ce sujet. Sur l'acétamipride, ce que dit la loi, c'est uniquement que, pour la noisette, le gouvernement devra suivre l'avis de l'ANSES, l'agence scientifique indépendante. Il ne s'agit pas de réintroduire le produit ni de contourner l'expertise : c'est exactement le contraire, on ne décide rien sans avis scientifique. Donc, ce n'est pas un retour de l'acétamipride, c'est du pragmatisme et de la rigueur scientifique.

Malgré tout, certains députés Renaissance ou alliés sont réticents. Pourquoi ces crispations?

Sur l’ensemble du texte, dans notre majorité et dans le bloc central, tout le monde est pour, sans exception. Les discussions portent exclusivement sur l'article qui, justement, s'en remet à l'ANSES pour l'acétamipride. Certains trouvent que cela entretient un doute ou un flou, mais il faut être honnête : si cet article n'est pas totalement clair pour tout le monde, il peut faire peser un risque sur l'adoption de la loi. Mais sur le fond, il y a unité sur l'essentiel.

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Dans le Gers, la question de l'eau est brûlante. Les agriculteurs craignent des drames cet été. Ce texte répond-il à l'urgence ?

Pas pour cette année, non. Pour répondre aux problèmes immédiats, il faut une gestion locale avec le préfet, ce que je fais déjà avec les agriculteurs sur le terrain. En revanche, l'objectif du texte est de doubler le nombre de retenues d'eau à moyen terme.

Le revenu agricole était un des chevaux de bataille des dernières mobilisations. La loi prévoit-elle des avancées sur ce plan ?

Oui, plusieurs mesures vont dans ce sens. On favorise le renforcement des organisations de producteurs, il y a la création d'un "tunnel de prix" pour protéger le revenu, même si je ne vais pas détailler ici tous les points techniques. Il y a aussi un volet sur l'utilisation des produits locaux. Bref, il y a vraiment des avancées pour essayer de protéger le revenu des agriculteurs.