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Enseignants, lycéens, soignants, pompiers… va-t-on vivre une "journée noire", ce mardi, sur le front de la contestation ?

Près de 160 manifestations sont annoncées, alors que les lycéens font entendre, eux aussi, leur colère et bloquent plusieurs établissements.

Enseignants, agents des impôts, ou de France Travail… combien seront-ils à déserter leur lieu de travail, ce mardi, pour rejoindre les cortèges qui s’élanceront à travers la France ?

Les huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Fédération autonome) appellent à une mobilisation massive, ce 29 septembre, sur fond, notamment, de revendications salariales. Un sujet cristallise la colère des fonctionnaires : le gel de leur point d’indice prévu dans le prochain budget qui sera présenté par le gouvernement, ce jeudi 1er octobre, avec ses 54 milliards d’euros d’économie.

Si les revendications et slogans s’annoncent protéiformes dans les manifestations (près de 160 prévues dans 91 départements), le pouvoir d’achat sera l’un des principaux points de convergence de la contestation, au moment où la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix à la pompe, amputant le pouvoir d’achat des Français qui sont nombreux à déverser leur colère sur les réseaux sociaux. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, agite même la menace d’"une journée noire". À quoi peut-on s’attendre ?

Grève et tensions dans l’éducation

Le Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire, anticipe 40 % de grévistes dans le premier degré. Un service d’accueil minimal sera donc mis en place pour les élèves. De nombreux établissements devaient également être impactés par la grève dans le secondaire.

L’Union syndicale lycéenne (USL) appelle, dans le même temps, au blocage des lycées partout en France, après des premières actions lancées en fin de semaine dernière en région parisienne. "On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire", explique le président de l’USL, Ryad Rani, qui pointe le "manque de moyens", d’enseignants et de personnels, mais aussi la "surcharge des classes", dans une déclaration relayée par RTL et l’AFP.

Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale ont prévenu cependant, lundi, qu’en cas de blocage total de lycées, ou de violences, les forces de l’ordre interviendront. "Tirs de mortiers, incendies, violences aux abords des lycées : rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers, dénonce le Premier ministre, Sébastien Lecornu, sur X. Dans ce contexte, des élus de La France insoumise appellent à étendre le mouvement. Cette surenchère est irresponsable."

Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, accuse, lui, le gouvernement d’avoir "ordonné la répression" du mouvement lycéen "avec un arrière-goût raciste évident" et appelle les militants et élus LFI à s’"interposer partout où" ils le peuvent.

Une façon de surfer sur la mobilisation de la jeunesse pour le candidat à l’Élysée ? Celle-ci est, en tout cas, inflammable. 164 personnes ont été interpellées lundi, annonce le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez qui dénonce des "violences urbaines", faisant état de douze membres des forces de l’ordre, huit enseignants et une douzaine de lycéens " blessés".

Transports : peu de perturbations ?

La puissante CGT Cheminots ayant décidé de ne pas participer au mouvement, le trafic des trains devrait être normal, ce mardi, sur les liaisons TGV, Intercités et "quasi normal sur les TER", selon SNCF Voyageurs. La RATP n’anticipe, elle, aucune perturbation dans le métro.

Selon Le Monde, de fortes perturbations sont néanmoins attendues sur certaines lignes franciliennes de banlieue, dont le RER D.

Dans le transport aérien, la DGAC a demandé, par ailleurs, aux compagnies de réduire le nombre des vols de 5 % à Roissy et de 25 % à Marseille entre 16 h et minuit. "Des perturbations sont par ailleurs à prévoir sur les aéroports de Nantes-Atlantique, Strasbourg-Entzheim, Limoges, Tarbes-Lourdes-Pyrénées et Pau-Pyrénées sur certains créneaux de la journée", détaille un communiqué.

Les autres fronts de la contestation

Les établissements hospitaliers seront touchés par le mouvement, soutenu par la CFDT Santé-sociaux, qui revendique "54 % d’adhérent·es de la fonction publique hospitalière" dans ses rangs. Les dix organisations syndicales de France Travail appellent également à la grève, une première depuis 2018.

Des agents des impôts, des policiers, feront eux aussi entendre leur mécontentement, mais aussi les pompiers qui campent au pied de la tour Eiffel. Un premier véritable test social pour le gouvernement à l’approche de l’élection présidentielle, alors qu’un appel à relancer le mouvement des “gilets jaunes” est lancé le 17 octobre.