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Engagement solennel, remise du paquetage et visite du centre opérationnel : 250 nouveaux sapeurs-pompiers volontaires se mettent au service des Varois

Au garde-à-vous. Sans doute une première pour la plupart d’entre eux. Ce samedi matin d’octobre à peine automnal, près de 250 nouveaux sapeurs-pompiers volontaires se tiennent bien droit devant une tribune d’officiels. Au siège du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Var, au Muy, ils assistent à la journée d’intégration destinée à leur présenter le service qu’ils intégreront dans les prochains jours. Entre discours institutionnels, visite des locaux et notamment du centre opérationnel (Codis), qui supervise et coordonne l’ensemble de l’activité, mais aussi – surtout ! – récupération de leur paquetage.

Chaque année à pareille époque, ils sont nombreux à prendre le chemin des casernes pour se mettre au service de la population. Probablement un peu plus encore après les feux de forêt qui ont ravagé le Var cet été, notamment aux Arcs et à Taradeau, ainsi que dans le Gros Bessillon, à Correns, Cotignac et Pontevès.

Mais le contrôleur général Éric Grohin, directeur du Sdis 83, prévient : « Le feu, et notamment le feu de forêt, représente moins de 5 % des interventions. » Le secours à personne, en revanche, compte pour la majorité des opérations.

Le patron des pompiers du Var plante ainsi le décor. « Aujourd’hui, vous intégrez le cinquième corps départemental de France par le nombre d’interventions. Un corps hiérarchisé, précise-t-il : sans cela, on ne peut pas faire notre métier. » Hochements de tête dans la salle.

S’il a l’air sévère, Éric Grohin veut aussi rassurer les nouvelles recrues : « Vous avez fait le bon choix, leur assure-t-il. Parce qu’aller au secours de son prochain, participer à un service public tel que le nôtre, c’est une des plus belles choses que l’on puisse faire. »

Plus de 4 500 dans le Var

« Je suis fière de vous accueillir dans cette merveilleuse famille », renchérit Françoise Legraïen, récente présidente du Sdis, suite au décès de son prédécesseur Dominique Lain, en juin dernier. Elle ne tarit pas d’éloge sur l’engagement des femmes et des hommes, âgés de 16 ans à une cinquantaine d’années, qui lui font face. « Je salue votre démarche citoyenne et infiniment humaine. »

D’autant plus, rappelle-t-elle, que parmi les pompiers du Var, comme ailleurs dans l’Hexagone, les volontaires sont les plus nombreux : plus de 4 500 personnes, contre presque qu’un millier de professionnels. « Choisir de devenir sapeur-pompier volontaire, c’est choisir de consacrer une partie de son temps, de ses soirées, de ses week-ends au service des autres. » Et de les enjoindre à « préserver un équilibre personnel pour rester engagé dans la durée ».

Trente-sept jours de formation initiale

Une période qui commence dès ce samedi matin avec un engagement solennel. Devant le drapeau des sapeurs-pompiers du Var, les 250 recrues sont invitées à « respecter les valeurs qu’il représente », à « servir avec honneur, humilité et dignité », à avoir « un comportement irréprochable » lorsqu’elles portent la tenue de sapeur-pompier, à « respecter les victimes et leurs proches, leur intégrité, leur dignité ». « Oui, je m’y engage », scandent les nouveaux volontaires à l’unisson.

Ils peuvent alors entrer dans le vif du sujet. C’est le commandant Christophe Petit, chef du groupement formation, qui le leur dévoile, détaillant les trente-sept jours de formation qu’ils suivront dès les vacances de la Toussaint. Livret de suivi et tutorat seront aussi au programme. Ils deviendront ainsi officiellement « sapeurs ».

Près de 11.000 pompiers ont été déployés pendant les 29 jours d’incendie, dont 4.250 Varois.

Ils ont choisi de se mettre au service de la population

Il a la notion de service public chevillée au corps. À 28 ans, Lexane, résident de Solliès-Toucas, est chauffeur de bus et veut aller plus loin dans ce qu’il peut apporter à la population. « Les sapeurs-pompiers, ça m’a toujours intéressé, mais c’est un drame personnel et le sentiment d’impuissance que j’en ai ressenti qui m’ont poussé à franchir cette porte. » Après des tests écrits, oraux et physiques, ce jeune Varois se dit fier d’avoir été retenu malgré une sélection exigeante. « Aujourd’hui, pour nous tous, c’est le début réel de l’engagement et j’espère vraiment remplir les missions qui seront les miennes correctement. »

Après des tests écrits, oraux et physiques exigeants, Lexane, 28 ans, est fier d’avoir été retenu pour intégrer les pompiers volontaires du Var.
Après des tests écrits, oraux et physiques exigeants, Lexane, 28 ans, est fier d’avoir été retenu pour intégrer les pompiers volontaires du Var.
Frank Muller / Var-matin

Stella a tout juste 16 ans. L’âge auquel on peut devenir sapeur-pompier volontaire. Cette habitante de Draguignan est en réalité engagée depuis ses 10 ans : « J’étais JSP. » Comprenez « jeune sapeur-pompier », passionnée depuis le plus jeune âge. Stella raconte : « Quand j’étais petite, j’ai souvent eu affaire aux pompiers car je me blessais souvent : j’étais fascinée par ce qu’ils faisaient pour aider les gens, par leurs camions. » C’est pour aider à son tour et soutenir l’action de ses héros que l’adolescente intègre officiellement le corps des sapeurs-pompiers du Var.

Membre des Jeunes sapeurs-pompiers depuis l’âge de 10 ans, Stella, 16 ans, poursuit son engagement en devenant volontaire.
Membre des Jeunes sapeurs-pompiers depuis l’âge de 10 ans, Stella, 16 ans, poursuit son engagement en devenant volontaire.
Frank Muller / Var-matin

« Me mettre au service des gens qui en ont besoin, c’est une idée qui me trotte dans la tête depuis de nombreuses années », explique à son tour Nils. Ce Six-Fournais de 21 ans, assistant qualité dans une entreprise de pyrotechnie, saute finalement le pas. « C’est un choix très réfléchi, précise-t-il, mais c’est vrai aussi que les incendies de cet été ont renforcé mon désir d’apporter ma pierre à l’édifice : je tiens à aider cette belle famille des sapeurs-pompiers du Var. Et il se trouve que j’ai à la fois du temps et de l’énergie pour ça ! »

Recruter, mais aussi fidéliser

« On s’est rendu compte que les nouvelles recrues ne connaissaient pas l’état-major », s’étonne encore le lieutenant Jean-Luc Decitre. Président de l’Union régionale des sapeurs-pompiers SudMéditerranée et vice-président de l’Union départementale varoise, il est aussi le référent « pompiers volontaires » au sein du Sdis 83. Il se souvient : « Lorsqu’ils croisaient le contrôleur général en civil, certains lui donnaient du “bonjour monsieur” sans savoir qui c’était. »

Il y a quatre ans, à l’issue des assises du volontariat, a ainsi été décidé la mise une place d’une journée dédiée à ces pompiers, qui constituent jusqu’à 80 % des effectifs, afin de leur faire découvrir le Sdis et son fonctionnement dès les premières heures de leur engagement.

Quant au lieutenant Decitre, il a depuis la charge de faire le lien entre les pompiers volontaires et la direction. Il les représente aussi au sein du conseil d’administration du Sdis. Car s’il contribue à leur recrutement, il est aussi soucieux de la nécessaire fidélisation des recrues. Pas une sinécure, admet-il. Aujourd’hui, l’engagement des pompiers volontaires dure en moyenne cinq ans.

Faire en sorte que cette période s’allonge, Jean-Luc Decitre est convaincu que « ça passe par la famille ». Et d’expliquer : « Être pompier volontaire, c’est passer une partie de son temps libre à la caserne. Pour que les proches suivent, il faut les faire entrer eux aussi dans les casernes. »