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"En ne laissant pas les pêcheurs relâcher les silures, on donne le droit de tuer" : la colère des défenseurs du mastodonte des rivières face aux règles jugées absurdes qui menacent la biodiversité

l'essentiel Accusé de vider nos rivières, le silure subit une terrible réputation de nuisible. Entre agressions au bord de l’eau et nouvelles réglementations en Haute-Garonne, la "Silurus glanis Association" veut rétablir la vérité sur ce poisson géant et propose des solutions alternatives pour protéger les espèces migratrices. Il est souvent pointé du doigt, notamment parce qu'il est désigné comme prédateur. On vous explique quelles sont les presciptions pronées par ses défenseurs.

Le silure est un poisson qui passionne autant qu'il divise. Il y a quelques jours, au sud-est de Toulouse, un jeune qui venait d'en pêcher un dans les eaux du canal du Midi, a été pris à partie par un homme parce qu'il avait décidé de le relacher. Si ce géant est aujourd'hui le roi de la pêche de loisir, il souffre d'une terrible réputation de prédateur. Pour le protéger de ses détracteurs, Yann Gavroy et l'association "Silurus Glanis Association" cherchent à rétablir la vérité. "Nous défendons les silures car ils ne peuvent pas le faire eux-mêmes. Le problème, ce sont les fausses informations que l'on véhicule autour de ce poisson."

Le silure, seul coupable ? 

La mise en place d'arrêtés empêchant la remise à l'eau dans certains départements n'est pas une solution pour l'association. "En ne laissant pas les pêcheurs relâcher les poissons dans l'eau, alors on devient légitime à tuer, et celui qui ne le fait pas devient un délinquant", s'indigne Yann.

Son but ici : faire comprendre que la mise en danger des espèces migratoires n'est pas entièrement due au silure. Mais la mortalité des poissons est aussi due à la température de l'eau qui augmente, explique le passionné. "Ce n'est pas la faute du silure, c'est la faute d'un ensemble : le nombre de barrages, la pêche, le silure devient le bouc émissaire."

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Les poissons migrateurs partent des bassins d'eau salée pour remonter vers nos rivières. "Parfois, certains poissons mettent trois semaines pour traverser un barrage, ils arrivent alors épuisés, deviennent des proies faciles." Ici, ce que l'association propose, c'est d'installer des cages à l'entrée des passes à poissons, empêchant les silures de se faufiler. Une autre solution : l'effarouchement. "Le silure est très intelligent, alors pour l'empêcher de rester à un endroit, il faut y pêcher souvent." Une sorte de mécanisme se met alors en place et le prédateur se lasse par énervement et quitte la zone. "Même si, avec le temps, ce poisson très intelligent finit par contrer le stratagème", souligne Yann.

Un statut juridique réglementé

En juin dernier, la Haute-Garonne a fait passer le silure dans la catégorie "espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques". Il est alors interdit de transporter le silure d'un bassin à un autre. Mais il reste autorisé de le relâcher immédiatement après l'avoir pêché afin de garder son but de pêche de loisir.

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Tensions au bord de l'eau, les pêcheurs de silures agressés

Pour Yann Gavroy, les récentes agressions et altercations sur les pêcheurs sont inévitables. "On laisse croire aux gens que le silure est nuisible et qu'il faut le tuer alors que ce n'est pas le cas." Pour l'association, les personnes qui viennent agresser les pêcheurs de loisir dans leur bon droit devraient être punies par la loi.