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En France, il faut à tout prix sauver les piscines municipales en zones rurales

“Suzy Bernard inspire un grand coup et saute dans le grand bain, provoquant des éclaboussures.” Cette ancienne aide-soignante, âgée de 75 ans, décrit au Guardian une sensation de pur bien-être. Elle qui n’a appris à nager que tout récemment rejoint aujourd’hui sa fille et son petit-fils dans la piscine entourée de chênes.

Dans le village de 3 000 habitants de Châteauneuf-sur-Sarthe dans le Maine-et-Loire, ainsi que dans celui de Rochefort-sur-Loire à une cinquantaine de kilomètres, les habitants mènent un combat de longue haleine pour sauver leurs piscines municipales, raconte la correspondante en France du quotidien britannique.

Dans les zones rurales, ces points d’eau sont devenus des refuges face aux vagues de chaleur qui déferlent sur l’Hexagone. “Les piscines sont aussi cruciales pour apprendre aux populations des campagnes à nager”, ajoute le titre. “Entre le 1er mai et le 15 juillet de cette année, 274 personnes sont mortes noyées, la plupart de ces tragédies s’étant produites lorsque les victimes tentaient de se rafraîchir en sautant dans des cours d’eau pour se rafraîchir.”

“Épée de Damoclès”

Mais la construction de ces structures remonte le plus souvent aux années 1970, sous l’ère Pompidou, lorsque les politiques publiques visaient à généraliser l’apprentissage de la natation. Au fil du temps, elles sont devenues vétustes et nécessiteraient des travaux de rénovation. Problème : les budgets des communes ont aussi périclité. Selon la maire de Châteauneuf-sur-Sarthe, Véronique Langlais, le coût annuel de la piscine s’élève à 100 000 euros. Avec les fermetures successives de trois piscines de la région, c’est la seule à 30 km à la ronde. “C’est un trésor qu’il nous faut protéger [mais] il y a une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes”, souffle l’édile.

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Partie à la rencontre des habitants, la journaliste du Guardian rencontre Emma-Özlem Kaya. Cette habitante de 45 ans souligne l’utilité sociale de la piscine. Elle raconte que, depuis son plus jeune âge, à défaut de pouvoir se payer des vacances, sa famille y organisait des après-midi entiers. Elle avait aussi l’habitude d’y retrouver ses amis.

Désormais, Emma-Özlem Kaya, Suzy Bernard et tant d’autres militent au sein du collectif “Touche pas à ma piscine” pour défendre cette infrastructure menacée. Une initiative qui est loin d’être isolée selon le journal : “À travers la France, des dizaines de collectifs voient le jour dans des villages ruraux pour protéger les bains locaux : ils manifestent et font du bénévolat pour aider à l’entretien, allant jusqu’à peindre et assurer la maintenance.”

Estelle, une ancienne hôtesse de l’air qui travaille aujourd’hui à la réception de la piscine de Rochefort-sur-Loire, profite d’une baignade bien méritée. “C’est comme nager dans un paysage de carte postale”, rit-elle.