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En déplacement à Dublin, Donald Trump lance un pavé dans la mare en estimant qu’une Irlande 'unifiée' serait 'fantastique' - RTBF Actus

Au moins 4000 policiers et autres membres des forces de sécurité irlandaises ont été mobilisés pour cette visite, présentée comme l’une des plus importantes opérations de sécurité jamais menées en Irlande. Des opposants à Donald Trump doivent manifester à Dublin, où le président américain doit s’entretenir séparément avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin et la présidente Catherine Connolly, dont la fonction est essentiellement protocolaire.

Le locataire de la Maison Blanche doit ensuite rejoindre son complexe hôtelier et golf de Doonbeg, sur la côte ouest, où se déroule l’Irish Open. "Il vient essentiellement visiter le complexe de golf qu’il possède, avec un passage à Dublin pour une visite de courtoisie", a déclaré à l’AFP Daniel Geary, professeur d’histoire américaine au Trinity College de Dublin.

Cela finira par arriver

Donald Trump alors indiqué samedi qu’il "aimerait beaucoup" voir une Irlande "unifiée", lors d’un point presse avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin à Dublin. "Je pense que ce serait fantastique – comment cela pourrait il être mauvais ?" a lancé le président américain, alors qu’un journaliste lui demandait son opinion sur une unification de la république d’Irlande et de l’Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni. Le milliardaire de 80 ans, prenant parti sur ce sujet éminemment sensible pour Dublin et Londres, a aussi estimé qu’une telle perspective lui semblait inévitable : "Cela finira par arriver."

Malouines

Londres s’en tient pour sa part aux accords de paix signés en 1998 pour mettre fin aux hostilités en Irlande du nord. Un référendum sur une potentielle unification de la province britannique avec la République d’Irlande ne peut être organisé qu’en cas de "consensus clair dans le pays, quand l’opinion publique aura changé au point qu’une telle décision devra être envisagée", a indiqué récemment le Premier ministre britannique Andy Burnham. Il a jugé qu’une telle consultation n’était "pas d’actualité".

Quoi que vous disiez […], il n’y a pas de bonne réponse

Si les sondages donnent généralement une majorité aux partisans d’une unification en République d’Irlande, ce n’est pas le cas en Irlande du Nord. Un sondage de mai 2026 de l’Institut des études irlandaises de l’université de Liverpool donnait seulement 35% des Nord-Irlandais favorables à une unification. Les Etats-Unis affichaient jusqu’ici une position de neutralité, estimant que c’était aux populations concernées de trancher. Dans un discours ensuite à l’ambassade américaine à Dublin, Trump a semblé satisfait d’avoir jeté un pavé dans la mare. "C’est une de ces questions où, quoi que vous disiez […], il n’y a pas de bonne réponse" a-t-il dit en riant.

Donald Trump s’est aussi aventuré récemment sur un autre sujet brûlant pour Londres, en se disant ouvert à toute éventualité sur les Malouines, cet archipel de l’Atlantique sous administration britannique de fait mais dont l’Argentine revendique la souveraineté.
 

Le président américain Donald Trump assiste à une cérémonie d’accueil à l’Áras an Uachtaráin, dans le Phoenix Park, à Dublin, la capitale irlandaise, le 12 septembre 2026. © Adrian Dennis / AFP

Si les sondages donnent généralement une majorité aux partisans d’une unification en République d’Irlande, ce n’est pas le cas en Irlande du Nord. Un sondage de mai 2026 de l’Institut des études irlandaises de l’université de Liverpool donnait seulement 35% des Nord-Irlandais favorables à une unification. Les Etats-Unis affichaient jusqu’ici une position de neutralité, estimant que c’était aux populations concernées de trancher. Dans un discours ensuite à l’ambassade américaine à Dublin, Trump a semblé satisfait d’avoir jeté un pavé dans la mare. "C’est une de ces questions où, quoi que vous disiez […], il n’y a pas de bonne réponse" a-t-il dit en riant.

Donald Trump s’est aussi aventuré récemment sur un autre sujet brûlant pour Londres, en se disant ouvert à toute éventualité sur les Malouines, cet archipel de l’Atlantique sous administration britannique de fait mais dont l’Argentine revendique la souveraineté.

Le 11 septembre 2026, la police irlandaise et des prestataires ont bouclé le Phoenix Park, dans le centre-ville de Dublin, à l’aide de barrières anti-foule, en prévision de l’arrivée du président américain Donald Trump. © Paul Faith / AFP

Le milliardaire de 80 ans fait ouvertement la promotion des activités de golf de sa holding familiale depuis son retour à la Maison Blanche pour un second mandat, en janvier 2025. "Il envoie certainement le message qu’il s’intéresse passionnément aux affaires de sa propre famille", avance Richard Painter, professeur de droit à l’Université du Minnesota.

"Rester concentrés et jouer"

Pour l’universitaire, expert en éthique gouvernementale, le timing de la visite tombe mal : "Cela ne va pas aider le Parti républicain lors des élections de mi-mandat de voir le président parcourir ses terrains de golf et les promouvoir auprès des plus fortunés, alors que d’autres personnes peinent à joindre les deux bouts".

Des drapeaux flottent devant l’entrée du Trump International Golf Course, propriété du président élu américain Donald Trump, près de Doonbeg, sur la côte ouest de l’Irlande, le 2 décembre 2016. © PAUL FAITH / AFP

Mélange des genres

Ce mélange des genres, Donald Trump l’avait déjà pratiqué à l’été 2025, en recevant le Premier ministre britannique Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans son complexe écossais de Turnberry. La présence de Donald Trump à Doonbeg, un site côtier isolé du comté de Clare acheté par la Trump Organization en 2014, vient compliquer le dispositif de sécurité. Quelque 40.000 spectateurs sont attendus sur le site pendant le week-end. Le joueur vedette de la compétition est Rory McIlroy, six fois vainqueur d’un tournoi majeur et actuellement deuxième joueur mondial. Ce golfeur nord-irlandais, qui a déjà joué avec Donald Trump, a déclaré cette semaine que la présence de ce dernier rendrait le tournoi "différent". "Mais nous sommes là pour disputer un tournoi de golf, le parcours est bon, et nous devons rester concentrés et jouer", a-t-il déclaré à la BBC. Le président américain pourrait choisir de remettre lui-même le trophée au vainqueur dimanche soir.

Une sécurité à 20 millions d’euros

"Nous avons de nombreuses réunions avec des dirigeants européens et d’autres, donc ce sera une période très intéressante", a déclaré Donald Trump vendredi soir à son départ à bord d’Air Force One. Après son arrivée à Dublin, le président américain doit s’entretenir samedi matin avec le Premier ministre Micheal Martin, qu’il a reçu deux fois dans le Bureau ovale et avec lequel il semble entretenir de bonnes relations. Le Moyen-Orient, notamment la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, les droits de douane américains sur les produits pharmaceutiques européens et l’immigration devraient figurer parmi les sujets abordés. Les positions du gouvernement irlandais divergent de celles de l’administration Trump sur plusieurs dossiers, notamment la question palestinienne, dont Dublin est l’un des plus fervents soutiens en Europe.

L’Irlande a été l’un des premiers pays à sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie. La France, le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé des sanctions similaires cette semaine. Autre point d’attention : la rencontre avec Catherine Connolly. Figure de la gauche anti-OTAN, la présidente irlandaise a ouvertement critiqué le dirigeant américain par le passé.

"Elle avait manifesté contre sa dernière visite en 2019, et ses partisans s’attendent à un geste. Mais elle sait aussi qu’elle ne doit rien faire ni dire qui puisse nuire aux relations" entre les deux pays, souligne Eoin O’Malley, politologue à la Dublin City University, qui prédit un entretien "bref et courtois". En attendant, la note risque d’être salée pour Dublin. Le dispositif de sécurité pour l’ensemble de la visite de Donald Trump est évalué à 20 millions d’euros par les médias irlandais.

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, le 11 septembre 2026. © Brendan SMIALOWSKI / AFP