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En Colombie, le séisme révèle «l’abandon historique» des régions afrodescendantes par l’État

Plus d'une semaine après le puissant séisme qui a frappé l'ouest de la Colombie, les recherches se poursuivent pour retrouver les victimes. Plus de 300 personnes sont mortes. Si l'attention s’est portée sur les villes de Cali ou encore de Pereira, les dégâts sont importants aussi dans le département du Chocó, une région rurale à majorité afrocolombienne, où se trouve l'épicentre du séisme. Pour des activistes et autorités locales, le tremblement de terre vient approfondir des inégalités sociales et raciales déjà très marquées.

Publié le : 19/08/2026 - 07:16

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Dans le Choco, près de 80 % des habitants sont afrocolombiens. Le département était aussi le plus pauvre du pays avant le séisme et ce n'est pas lié au hasard, estime la gouverneure du département, Nubia Carolina Córdoba, elle-même afrodescendante :

« C'est lié à l'abandon historique de nos régions par l'État. Des régions majoritairement peuplées d'Afro-Colombiens et de membres de peuples autochtones. Face au séisme, même des infrastructures aussi essentielles que les routes ou l'électricité manquent. Pas seulement parce qu'elles ont été détruites par le tremblement, mais parce qu'elles n'existaient même pas avant ! »

Dans le Chocó, plus de 20 000 logements ont été détruits ou sont inhabitables. L'aide arrive très lentement car certaines communes ne sont accessibles qu'en hélicoptère ou après plusieurs heures de navigation par le fleuve.

Amir Cheverra, militant afrocolombien et fondateur du Mouvement national Cimarrón, parle de racisme structurel : « Le séisme est venu frapper une économie déjà profondément inégalitaire. Et cette situation d'urgence risque de produire encore plus de pauvreté qu'avant. »

La reconstruction risque d'être plus lente dans le Chocó qu'ailleurs. Il cite par exemple le cas de communes où des groupes armés exigent un droit de péage pour laisser passer l'aide humanitaire.

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